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Pierre Charron, maire de Saint-Eustache.

Intimidation sur les réseaux sociaux: Les élus saluent la campagne de l’UMQ

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) lançait, le 18 janvier, une campagne nationale ayant pour thème «La démocratie dans le respect, par respect pour la démocratie» afin de sensibiliser le peuple québécois à faire preuve de respect envers ses élus lorsqu’il les interpelle par le biais des réseaux sociaux. Les maires des Basses-Laurentides ont salué cette initiative.

Me Sonia Paulus, à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, est au nombre des élus qui ne l’ont pas eu facile sur les réseaux sociaux au cours de son mandat. Elle estime d’ailleurs que depuis que Facebook est devenu un important outil de communication pour les municipalités, c’est aussi devenu un forum citoyen où les gens partagent des idées, mais, ajoute-t-elle, «trop souvent, où certains se livrent à un lynchage des élus».

«J’en suis régulièrement l’objet. On me traite de tous les noms, certains mots que je ne peux pas reproduire. Il est normal de différer d’opinion, mais il est inacceptable de lancer des insultes gratuites et blessantes derrière un clavier, et dans certains cas, caché sous un faux nom», raconte Me Paulus, rappelant que ces insultes qu’elle dit recevoir fréquemment ne viennent pas nécessairement des citoyens de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, mais d’un peu partout.

«De gens frustrés par je ne sais trop quoi. Il faut avoir une bonne carapace pour faire de la politique en 2021».

Saint-Eustache

À Saint-Eustache, le maire Pierre Charron affirme n’avoir jamais vécu d’intimidation par le biais des médias sociaux ou d’autres manières. Bien sûr, comme beaucoup d’élus, il fait face à des critiques «pas toujours exprimées diplomatiquement, voire même à des propos agressifs», mais rien qui puisse être considéré comme des menaces ou de l’intimidation.

«Je reconnais cependant que la problématique est malheureusement bien présente, et que le phénomène est grandissant et inquiétant, particulièrement en cette période difficile où de nombreuses personnes sont plus vulnérables, lesquelles trouvent en les médias sociaux un exutoire pour exprimer leurs frustrations».

Il ajoute que les médias sociaux ont libéré une certaine parole qui, autrefois, «serait restée cantonnée à la taverne».

Aucun élu ou personnalité publique n’est désormais à l’abri de subir de l’intimidation des «warriors» du clavier.

«Je conçois que ça puisse décourager certaines personnes de se présenter en politique, quel que soit le palier de gouvernement. Mais il nous faut rester debout et appliquer une tolérance zéro pour ce genre de comportement, de manière à ne pas priver notre société et nos collectivités d’hommes et de femmes qui peuvent contribuer à les faire évoluer positivement», de mentionner le maire Pierre Charron.

Deux-Montagnes

Denis Martin, maire de Deux-Montagnes, considère aussi que les gestes d’intimidation envers les élus sur les réseaux sociaux sont en hausse et comprend l’UMQ de lancer cette campagne dont l’objectif, dit-il, est de «ramener le débat vers une civilité et un respect mutuel pour le bien de la démocratie».

 

«Personnellement, ajoute le maire Martin, il m’arrive à l’occasion de recevoir quelques propos intimidants. Une minorité va utiliser ce genre de tactique pour faire changer une orientation municipale. Certains l’utilisent par frustration envers l’ensemble de la classe politique et d’autres l’utilisent pour mousser leurs propres ambitions politiques.»

C’est pour cette raison, selon Denis Martin, qu’il devient de plus en plus difficile d’intéresser des gens qualifiés à se lancer.

«Pour ma part, le débat des idées aura toujours une place importante et la campagne de l’UMQ va en promouvoir la civilité pour le bien de tous».

À Oka, le maire Pascal Quevillon a récemment été victime de vandalisme. Son véhicule et sa résidence ont été saccagés. Il en aurait long à dire sur la question.

«Beaucoup de citoyens me disent qu’ils ne feraient jamais mon travail», a-t-il lancé.

En prévision du scrutin municipal de novembre prochain, la campagne de l’UMQ a pour objectif de donner le goût aux gens de se présenter en politique et de s’investir dans la sphère publique.

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