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Cyrano et le complexe de la laideur

Michèle Deslauriers signe la mise en scène de Cyrano de Bergerac, d’Edmond Rostand, dans une production de la Comédie Humaine.

Ils forment le triangle amoureux dans Cyrano de Bergerac: Hugo Giroux, dans le rôle-titre, Guillaume Champoux (Christian) et Mélanie Pilon (Roxane).

Cyrano et le complexe de la laideur

Le 25 novembre au TLG

Un condensé de grand classique, voilà comment on pourrait vous présenter le Cyrano de Bergerac que vous propose la Comédie Humaine après avoir procédé non seulement à un élagage en règle du texte d’Edmond Rostand, mais qui a aussi amputé le célèbre personnage de son fameux appendice.

Avec Hugo Giroux dans le rôle-titre, Mélanie Pilon sous les traits de Roxane et Guillaume Champoux dans la peau de Christian pour compléter ce singulier triangle amoureux, Cyrano de Bergerac nous parvient cette fois selon la vision que s’en fait Michèle Deslauriers, laquelle met son paraphe sur cette production à titre de metteure en scène.

Le complexe de la laideur

Tout le monde connaît l’histoire. Roxane aime les fins esprits. Christian, tout beau qu’il soit, n’en a pas une goutte. C’est alors que Cyrano, qui en a à revendre, mais qui n’a rien d’un Adonis, lui prête ses mots qui vont droit au cœur de la belle. Or, c’est en tombant sur ce passage ou Cyrano confie à son ami Le Bret que sa mère ne l’avait jamais trouvé beau que Michèle Deslauriers s’est demandé si le nez du monsieur était aussi gros qu’on ne l’avait toujours cru. «C’est le fondement de l’histoire» , dit-elle.

Et s’il ne s’agissait que d’un complexe? Et si cet enfant blessé, en perte d’estime de soi, n’avait pas lui-même exagéré la chose au point de se croire hideux, développant en parallèle sa superbe, son courage, ses talents de bretteur, de philosophe et de poète? Et si, comme le suggère la metteure en scène dans le programme du spectacle, le manque d’amour et de confiance en soi, le fait de détester une partie de son corps n’était pas devenu le moteur de sa détermination?

C’est le genre de question qu’on aime se poser, à la Comédie Humaine, d’autant plus qu’à l’amorce d’une tournée qui s’arrêtera un peu partout au Québec (dont au Théâtre Lionel-Groulx, le 25 novembre) on sait qu’une bonne partie du public sera composée d’adolescents, puisque c’est d’abord en pensant à eux qu’on y monte des spectacles, des classiques de la dramaturgie qu’on leur fait découvrir après les y avoir soigneusement préparés, au moyen de divers outils pédagogiques. Le grand public, n’en doutez pas, y trouve aussi son compte.

«Tout le monde porte ses complexes. Cyrano a le sien, ce nez qu’il trouve trop long. C’est son problème à lui, mais en revanche, c’est un grand combattant et un poète» , signale la metteure en scène.

Garder le meilleur

Une fois cette idée bien conçue et assimilée, Michèle Deslauriers s’est attaquée à un défi de taille, celui de sabrer allègrement dans le chef-d’œuvre de M. Rostand et de biffer tout près de la moitié des vers qui le composent, bref, de partir d’un spectacle de trois heures pour aboutir à une production de 100 minutes.

«Je me suis dit: est-ce que c’est possible de faire ça sans abîmer le texte et l’histoire? » raconte la metteure en scène qui, après s’y être sérieusement penchée, a constaté qu’il y avait plusieurs personnages-satellites qui n’avaient pas absolument besoin d’être là, citant notamment la première scène, celle du mauvais acteur Montfleury, qui s’étend sur une centaine de pages. Par ailleurs, certaines références ou clins d’œil résolument enracinés dans cette époque (l’action se déroule de 1640 à 1655) n’ont forcément plus la même résonnance aujourd’hui.

Ce désir de perfection

«J’ai finalement conservé tous les points forts du texte pour me concentrer sur Cyrano et sur le triangle amoureux, sur le manque de confiance qu’éprouve Cyrano dans ce domaine, lui qui est convaincu qu’aucune femme ne voudrait le regarder» , poursuit-elle, ajoutant que le beau Christian a aussi ses complexes, dont cette incapacité chronique à exprimer joliment une idée.

«On cache souvent nos défauts, on ne dit pas certaines choses, pour nous montrer sous notre meilleur jour. Cette pièce-là nous en dit beaucoup sur nous-mêmes, sur nos exigences face à l’amour, ce désir que nous avons d’être parfaits aux yeux de l’autre ou d’exiger la perfection. Cette pièce est tellement bien écrite et, en plus, tout le monde peut se reconnaître dans chacun des personnages» , affirme Michèle Deslauriers.

Parce qu’à part le fameux triangle amoureux, les personnages principaux (les Gascons, De Guiche, Le Bret, le Vicomte, Ragueneau, la Duègne) ont gardé leur emploi. La distribution compte neuf acteurs, dans une production où les changements de décors, chorégraphiés et parfois chantés, se font à vue, dans un spectacle qui, rappelons-le, porte une bonne charge d’humour. «Les acteurs sont très bons et très subtils» , de dire Michèle Deslauriers à l’endroit de sa troupe qu’elle vous invite à applaudir le dimanche 25 novembre, au Théâtre Lionel-Groulx.

Information et billetterie: [http://odyscene.com].

 

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