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Le président de la Corporation des thanatologues du Québec, Jonathan Goyer, des Résidences funéraires Goyer.

Services funéraires et COVID-19: des changements son exigés

Une étude réalisée par Jean-Marc Barreau, un professeur de l’université de Montréal, a récemment révélé que les mesures sanitaires restreignant à 25 le nombre de personnes autorisées à assister à un service funéraire accentuent la complexité du deuil. La Corporation des thanatologues du Québec a profité de l’occasion pour se faire entendre.

L’analyse des données publiées dans le cadre de cette étude tend en effet à démontrer que l’absence ou le report de rituels funéraires privent des familles de leur droit à vivre un deuil en toute sécurité. Le Québec a cumulé plus de 74 000 familles endeuillées au cours de la dernière année.

«La pandémie a eu pour effet de perturber toutes les funérailles qui ont été tenues au Québec depuis mars 2020», lance d’emblée le président de la Corporation des Thanatologues du Québec, Jonathan Goyer, des Résidences funéraires Goyer.

Selon lui et le regroupement qu’il représente, le fait de restreindre à 25 le nombre maximal de personnes pouvant assister aux funérailles en présentiel, depuis le 30 septembre dernier, cause des maux de tête inutiles aux familles des défunts.

«Nous nous sommes adaptés tout au long de la pandémie, en exigeant la distanciation et le port du masque. Jusqu’en septembre, nous avons tout de même été en mesure de faire des commémorations publiques de façon sécuritaire, mais tout a changé», rage Jonathan Goyer qui, comme l’ensemble des membres de la Corporation des thanatologues, doit maintenant limiter le nombre de personnes admise dans les salons funéraires.

«Ce qui est demandé actuellement est très contraignant pour les familles qui doivent nous fournir une liste de 25 personnes admissibles. Il faut comprendre qu’il existe à l’occasion de la discorde dans une famille. Il suffit donc de ne pas s’entendre bien avec celui ou celle qui organise les funérailles pour en être exclus ! C’est aberrant!»

Un fardeau

Ce fardeau que doivent porter les familles se rejette immanquablement sur les propriétaires de maisons funéraires qui doivent accepter ou refuser l’entrée aux proches du défunt.

«Ce qu’on trouve aberrant, c’est que chez plusieurs familles, la descendance du défunt est plus nombreuse que 25 et c’est ce que nous voulons faire valoir auprès du gouvernement», insiste Jonathan Goyer avant d’ajouter qu’outre la descendance, il importe aussi de penser au-delà de la famille immédiate.

«Oui, il y a le lien de sang, dit-il, mais dans une vie, des proches significatifs peuvent l’être davantage que la belle-sœur!»

Malgré ces conditions, on conseille tout de même aux familles de tenir un rituel significatif. Le fait d’aller de l’avant avec des funérailles a pour effet de déclencher le deuil et est bénéfique pour les familles endeuillées.

«Un deuil, ça ne se vit pas seul! Le faire de façon virtuelle ne pourra jamais remplacer la présence d’un être cher à ses côtés. Quand bien même qu’une personne ne reste que cinq minutes au salon, c’est e geste qui compte. La chaleur humaine, ça ne se remplace pas!»

Il ne faut pas oublier que plusieurs personnes assistent par ailleurs à des funérailles pour soutenir l’un des proches du défunt, qu’elles ne connaissaient pas ou à peine. Ces dernières sont aussi oubliées.

«Les responsables de la Santé publique devraient savoir que de reporter des funérailles entraîne inévitablement des enjeux de société. Ce sont eux les mieux placés pour comprendre que toute cette détresse vécue par les familles est un poids supplémentaire sur la santé publique», a conclu Jonathan Goyer qui déplore en outre que les thanatologues «qui offrent un service essentiel et qui se rendent jour et nuit dans les hôpitaux et CHSLD pour prendre en charge les défunts» ne soient pas vaccinés en priorité.

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