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Une hypothèse pour expliquer le bris de la digue

La présence d’un tracteur muni de fourches le 20 avril, qui procédait alors au transbordement de palettes de sacs de sable sur la digue, serait-il à l’origine du bris du 27 avril dernier?

Sainte-Marthe-sur-le-Lac: Une hypothèse pour expliquer le bris de la digue

Les hypothèses concernant les causes ayant provoqué, le samedi 27 avril dernier, les inondations à Sainte-Marthe-sur-le-Lac sont nombreuses, et l’une de celles-ci voudrait que ce soit des travaux menés une semaine auparavant à l’endroit même où la digue a cédé, notamment avec un tracteur muni de fourches, qui expliquerait tout ce qui s’en est suivi.

C’est à tout le moins ce que prétend une personne qui souhaite garder l’anonymat. Selon la version de cette personne, des travaux auraient, en effet, été effectués le samedi 20 avril dernier, avec l’aide de bénévoles en marge d’une grande corvée ce jour-là, par la Ville de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, notamment à la hauteur de 27e Avenue, afin de rehausser la digue avec des sacs de sable.

Selon les informations transmises à votre hebdo L’ÉVEIL par cette personne, «des camions auraient d’abord transporté des palettes via la 27e Avenue, puis un tracteur muni de fourches aurait procédé au transbordement des palettes sur la digue. Puis, le tracteur en question aurait transporté les palettes une à la fois jusqu’à la hauteur de la 25e Avenue, effectuant donc plusieurs aller-retour. Plusieurs personnes auraient constaté, toujours selon cette version des faits, que les roues du tracteur s’enlisaient de plus en plus créant des sillons de 8 à 12 pouces sur la digue. Le sol serait alors devenu de plus en plus boueux et impraticable. Aussi, les personnes présentes auraient constaté que le tracteur avait de plus en plus de difficulté pour le transport des palettes de sable» .

Toujours selon ce qui est relaté par cette même personne, «la circulation du tracteur et le piétinement des bénévoles auraient eu pour effet d’abîmer de façon très significative le dessus de la digue, et ce précisément entre la 27e Avenue et la 26e Avenue, à l’endroit exact où a eu lieu l’effondrement d’une partie de la digue. Aussi, des bénévoles et citoyens vivant à proximité auraient constaté que la surface de la digue à cet endroit, à la suite du transport de ces sacs à sable, était alors dans un état lamentable et qu’il était pratiquement impossible d’y circuler à pied. Le bris de la digue serait survenu, une semaine plus tard, au seul endroit où de l’équipement lourd aurait été utilisé pour le transport de palettes de sable» .

L’opinion d’un professeur de l’ÉTS

Mis au fait de cette hypothèse, telle que décrite précédemment, François Duhaime, professeur en géotechnique au Département de génie de la construction de l’École de technologie supérieure (ÉTS), bien que n’ayant pas en main toutes les données nécessaires (date de construction, matériaux et structure de la digue) a bien voulu, en entrevue téléphonique le 31 mai dernier, émettre une opinion.

«Les pressions d’eau plus élevées réduisent la résistance au cisaillement du sol. C’est sûr que si on fait circuler de la machinerie sur la digue, ça peut l’endommager. On peut facilement imaginer des scénarios qui pourraient mener à une rupture de celle-ci quelques jours plus tard. Par exemple, la machinerie pourrait créer des fissures ou des zones de faiblesse dans la digue et, avec le temps, l’eau viendrait éroder le matériau à l’intérieur de la digue. Ça, c’est possible, sans connaître les détails et le poids de la machinerie» , d’indiquer M. Duhaime.

Celui-ci ajoute qu’il est possible qu’un poids additionnel sur une structure telle une digue ou même un barrage, quel qu’il soit, puisse cependant causer des problèmes puisqu’elles ne sont pas conçues pour supporter nécessairement une telle surcharge. «À la limite, des sacs de sable entraînent une surcharge parce que, on ne le réalise pas, mais du sable, c’est quand même relativement lourd» , d’ajouter celui-ci.

Des informations niées par la Ville

Mise également au courant de l’hypothèse qui lui a été transmise par courriel, la mairesse de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Sonia Paulus, a tenu à répondre, toujours par courriel, que «les informations que vous avez eues sont inexactes et sont niées par la Ville» .

«Aucune palette n’a été déposée sur la digue. Des sacs de sable ont été placés à plusieurs endroits sur la digue et des personnes s’y sont déplacées également pour ce faire. L’hypothèse évoquée est sans fondement et les conséquences décrites sont incohérentes» , de préciser, dans un premier temps, Mme Paulus.

Celle-ci n’a cependant pas voulu s’avancer, lorsque questionnée à ce sujet, pour indiquer si les lieux avaient été sécurisés ou non à la suite de ces travaux du 20 avril, entre la 27e Avenue et la 26e Avenue, et si la Ville s’en était assuré les jours suivants, pas plus si la tenue d’une enquête permettrait d’en savoir davantage.

«Quant aux autres questions que vous formulez, nous regrettons de vous informer que nous n’y répondrons pas, et ce, conformément à la directive des procureurs des assureurs de la Ville de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, dans le contexte où une demande de recours collectif contre la Ville et le gouvernement a été soumise à la Cour. À cet égard, tous doivent faire montre de prudence, et ce, dans l’intérêt supérieur des Marthelacquois» , d’écrire, enfin, Mme Paulus, dans son courriel daté du 30 mai dernier.

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