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Image captée sur Google Map – Le CISSS des Laurentides parle plutôt de 39 postes non comblés à la DPJ et dans les centres jeunesse (sur notre photo, celui situé à Deux-Montagnes).

La DPJ des Laurentides fait face à un manque de personnel

Les représentants de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), une association syndicale qui représente quelque 3 800 membres dans les Laurentides, en ont long à dire sur la façon dont est gérée la main d’œuvre dans les centres jeunesse de la région.

C’est que, actuellement, les intervenantes qui oeuvrent auprès des jeunes quittent leur emploi en masse, soit parce qu’elles sont au bout du rouleau, a expliqué Marie-Ève Meilleur de l’APTS-Laurentides, soit parce qu’elles sont attirées par des salaires plus alléchants, au privé. En date du 31 mars, 161 postes étaient vacants à la DPJ et dans les centres jeunesse, sur un total de 888 postes existants, soit 18 % des emplois.

«C’est un réel problème dans les Laurentides! Les éducateurs en centre de réadaptation fermés m’ont confirmé que le CISSS des Laurentides faisaient affaires avec deux agences pour palier à ce manque de personnel», a indiqué Mme Meilleur, avant d’ajouter que ce va-et-vient de nouveaux éducateurs et travailleurs sociaux engendre inévitablement des conséquences chez les jeunes, qui doivent composer avec de nouveaux visages, et sur le personnel qui se retrouve ainsi avec une surcharge de travail.

«Quand ces gens arrivent, ils n’arrivent pas prêts à travailler. Cela rajoute une surcharge à nos membres qui sont obligés de les former.»

Exode

La représentante de l’APTS dans les Laurentides ajoute que ces facteurs font en sorte que l’on assiste à un exode des travailleurs vers d’autres emplois au sein du CISSS ou vers le privé.

«C’est une clientèle complexe qui demande aux intervenantes de travailler selon des horaires variés. C’est certain que c’est moins attrayant pour le personnel. Nos membres sont épuisés, mais préfèrent avoir des agences plutôt que de se faire imposer du temps supplémentaire obligatoire.»

Le CISSS contredit les chiffres de l’APTS
Au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS), questionné au sujet de la situation de l’emploi dans les centres jeunesse, on nous a répondu que «des efforts de recrutement et de rétention du personnel sont actuellement menés dans tous nos services à la jeunesse».

On a ajouté qu’au total,  790 postes sont dédiés aux intervenants en protection de la jeunesse. Parmi les postes vacants, 39 postes ne sont pas comblés. C’est donc dire que 95% des postes existants sont occupés. Quant à la notion d’exode, en 2019-2020, nous dit-on, on relevait 184 départs d’intervenants œuvrant à la mission de la protection de la jeunesse.

«Le défi est bien réel de contrer l’exode de notre personnel, comme pour toutes les régions. C’est un métier très délicat que celui de travailler auprès des enfants les plus vulnérables et de leur famille, dans le contexte de l’application de la Loi sur la protection de la jeunesse. Il faut être confortable à travailler avec un doigté qui favorise la création d’une relation de confiance entre l’intervenant et la famille. Les situations suivies sont lourdes, la pression est forte et le fait de côtoyer au quotidien une grande détresse sont des défis importants pour les intervenants. Et cela, malgré l’engagement et l’adhésion du personnel qui ont les familles vulnérables et les enfants tatoués sur le cœur», explique Anick Drouin, agente d’information pour l’équipe du Service des relations médias, relations publiques et à la communauté.

Elle ajoute que le CISSS des Laurentides prend très au sérieux l’ensemble des besoins de main-d’œuvre à combler dans chacun des secteurs de son organisation. Spécifiquement pour les secteurs jeunesse et DPJ, plusieurs actions sont mises de l’avant afin de rehausser le recrutement et l’embauche. On offre notamment des assignations d’un an à temps complet en plus de valoriser les changements de titre d’emploi à l’interne lorsqu’un employé obtient les préalables académiques qui lui permettent de se qualifier sur un poste de professionnel.

«Nous déployons des stratégies d’attraction de la main d’œuvre en partenariat avec nos partenaires régionaux (Service Québec, réseau Place aux Jeunes, Ministère de l’immigration de la Francisation et de l’intégration et auprès des étudiants. Nous embauchons des étudiants après leur stage. Nous embauchons des finissants avec garantie d’emploi lors de leur dernière session. Nous travaillons avec des universités (UQAT et UQO) afin d’augmenter le nombre d’étudiants par cohorte», de dire Mme Drouin.

Enfin, pour augmenter la valeur de son offre et favoriser la rétention de nos employés, le CISSS met en place certaines actions, de façon graduelle et continue, soit des formations à l’embauche qui vise à mieux préparer les intervenants à exercer leurs fonctions ainsi qu’une offre de formation augmentée pour mieux outiller les employés, une équipe de coordination clinique bonifiée afin de mieux soutenir les nouveaux employés. Les plans de poste ont en outre été bonifiés pour ajuster le nombre de dossiers suivis par les intervenants sociaux.

Mandat de grève

Plus d’un an après l’échéance de leur convention collective, les professionnels et les techniciens du CISSS des Laurentides se sont par ailleurs prononcés à 96,1 % en faveur d’une grève, jeudi.

«Ça fait plus d’un an que nous tentons d’obtenir des solutions concrètes pour améliorer les conditions de travail dans le réseau de la santé et des services sociaux. Qu’avons-nous reçu en retour? Du mépris et des offres nettement insatisfaisantes», a mentionné Marie-Ève Meilleur.

La surcharge de travail et la reconnaissance du travail du personnel professionnel et technique sont au coeur des demandes de l’APTS. «Les propositions du gouvernement accentueraient l’exode vers le privé et la pénurie de main-d’œuvre déjà criante. Les membres de l’APTS des Laurentides ont décidé d’envoyer un message clair à Sonia Lebel, à Christian Dubé et à François Legault : ils ne les laisseront pas saborder nos services publics en ne leur offrant que des miettes», a conclu Mme Meilleur.

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