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Photo Claude Desjardins – Le Petit Théâtre du Nord intègre enfin ses nouvelles installations, à Boisbriand. De gauche à droite: Sébastien Gauthier, Mélanie St-Laurent et Luc Bourgeois.

Nous nous sommes tant aimés: histoires d’amitiés au Petit Théâtre du Nord

Vous ne rêvez pas, les artisans du Petit Théâtre du Nord (PTDN) ont amorcé un cycle nouveau en déclamant un texte inédit de Simon Boulerice, sur la scène du Centre de création de Boisbriand, un lieu tout neuf expressément conçu pour eux, dont l’inauguration avait dû être repoussée d’une année complète, à cause de la pandémie.

On est content pour eux. On a envie de dire : «Enfin! Mais dépêchez-vous, avant qu’un variant d’enfer ne vienne tout gâcher!». C’est que la route du PTDN, globalement carrossable, il faut bien le dire, n’a pas été exempte de cahots et d’embûches, depuis les premières heures à la grange du Domaine vert, en 1998. Mais bon, on y est. Les conditions ne seront pas idéales, en raison des consignes sanitaires toujours en vigueur, mais il y aura bel et bien théâtre et l’on pourra célébrer le retour de ce qu’on appelle «les arts vivants».

«Nous voulions changer le monde…»

Pour sa 23e production, Le PTDN vous propose la pièce Nous nous sommes tant aimés, de l’auteur, comédien et metteur en scène Simon Boulerice, qui explore le vaste thème de l’amitié dans une comédie mettant en vedette Marie-Hélène Thibault, laquelle partagera la scène avec Louise Cardinal, Mélanie St-Laurent, Luc Bourgeois et Sébastien Gauthier, dans une mise en scène de Charles Dauphinais.

Au cœur de l’intrigue, quatre amis du secondaire se retrouvent, quelque 30 ans après leur graduation. Que reste-il de leurs idéaux, après toutes ces années? On croira bien le savoir, mais pour ça, il faudra faire confiance au personnage de Maryse, la narratrice de l’histoire, qui nous présentera les choses de son unique point de vue d’intellectuelle verbomotrice, un peu à l’image de l’auteur et de son regard effervescent sur la vie et la culture.

Le titre de la pièce, qui fera des allers-retours constants entre 1990 et 2020, fait référence au film d’Ettore Scola, une comédie dramatique sortie en 1974, dans laquelle on pouvait suivre trois amis qui avaient pris part à la résistance italienne, en 1945, et que l’on retrouvait aussi une trentaine d’années plus tard. «Nous voulions changer le monde, mais c’est le monde qui nous a changés», constatait l’un d’eux, une citation reprise dans le texte de Simon Boulerice, qui assaisonne allègrement la chose de références cinématographiques, nous informaient Sébastien Gauthier, Luc Bourgeois et Mélanie St-Laurent, en entrevue.

Vous l’aurez senti, cette proposition est en parfaite concordance avec la signature que s’est forgée le PTDN, au fil des ans, avec la complicité d’un public toujours consentant. «Les gens qui nous suivent acceptent que, par moment, ce sera moins drôle, plus touchant et introspectif. On n’a pas besoin de masquer ça. Notre public apprécie ça. Et il nous le dit», exprime Mélanie St-Laurent.

Et ce thème de l’amitié, qui est abordé avec une certaine nostalgie, est venu spontanément quand on a approché Simon Boulerice, un artiste qui a bien suivi l’évolution de cette compagnie. «C’est ce qui le frappe tout de suite, quand il pense à nous: l’amitié que nous entretenons et qui transparait dans nos productions, selon lui», résume Sébastien Gauthier.

Les effets du temps

On nous annonce par ailleurs une pièce habitée par des personnages savoureux, qui marchent en équilibre entre leur vie fantasmée d’adolescents idéalistes et celle qu’ils auront finalement vécue, certains mieux que d’autre.

Et tout ça survient, devons-nous le rappeler, avec un décalage de douze mois, alors que tout s’était soudainement arrêté. À ce moment-là, on avait résolument amorcé le travail de table et, bien qu’on ait mis tout ça sur la glace, on constate que les personnages ont continué d’habiter les interprètes. «Ça nous a permis de sonder la profondeur des personnages», résume Luc Bourgeois, qui explique que cette profondeur, qui n’est pas toujours évidente sur papier, se révèle parfois dans le non-dit. «Quand on a repris les répétitions, on s’est aperçus qu’on avait fait un bon bout de chemin», ajoute-t-il.

Sachez que la pièce sera présentée jusqu’au 14 août, au Centre de création de Boisbriand, située dans l’ancienne église Notre-Dame-de-Fatima, au 305 Chemin de la Grande-Côte. Information et billetterie: 450 419-8755; [www.petitheatredunord.com].

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