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Photo Claude Desjardins – L’artiste-peintre Charlem était sur le point de terminer son œuvre, lors de notre passage, le 22 juin.

Charlem à la plage: on ne voit bien qu’avec… les yeux

On est parfois forcé de constater que la beauté du monde nous échappe. Que ce qui participe à ce tout organique que l’on désigne par un tout petit mot de trois lettres (la vie) passe actuellement un mauvais quart d’heure. On a tendance à l’oublier, pour assurer les vieux jours de la planète et, en même temps, les nôtres, nous dépendrions de la nature et de ce qu’on appelle la biodiversité. Bête de même.

Si on a tendance à l’oublier, il s’en trouve heureusement pour nous le rappeler de toutes sortes de manières. En groupes, bien souvent, desquels émergent des visages qui peuvent avoir un retentissement international, sinon par des actions individuelles dont la portée immédiate est plus modeste, un comme peut comme la graine qu’on met en terre en espérant.

Augure sur le lac

Ça fait plusieurs années que l’artiste peintre Charlem nous parle de biodiversité. Il le fait chaque fois que l’occasion se présente et, ces derniers jours, il se trouvait au parc citadin Gault Gillespie (du nom de cet athlète intronisé au Temple de la renommée du ski canadien), un tout petit bout de plage situé en bordure du lac des Deux Montagnes, auquel on accède via la rue Lakebreeze.

Après avoir répondu à un appel de projets, l’artiste a été embauché par la Ville de Deux-Montagnes, qui célèbre son 100e anniversaire, pour enjoliver deux pans de murs de la digue qui s’y trouve, une structure qu’on a récemment reconstruite avec du béton.

Lors de notre passage, le 22 juin, la chose, une œuvre intitulée Augure sur le lac, était suffisamment avancée (presque terminée, en fait) pour qu’on y distingue, tout en reconnaissant le style vaporeux de Charlem, une séquence de tableaux représentant des éléments de cette biodiversité riveraine que sont notamment, le castor, l’iris versicolore, le martin-pêcheur, le balbuzard et autre libellule. En tout, douze éléments que l’artiste nous redonne à voir, puisque l’action humaine contribue malheureusement à les soustraire à nos regards.

Un dialogue avec la nature

«Ça représente, d’une certaine façon, les esprits totémiques du lac», exprime Charlem, qui enchaîne avec cette idée que tout ce qui compose cette biodiversité mérite notre respect. Qu’on se rappelle, en fait, à la manière des peuples autochtones, qu’il évoque avec déférence, que ces êtres vivants portent en eux une symbolique et des valeurs qui peuvent nous inspirer (la puissance de l’ours, l’ingéniosité du castor, la ruse du renard, la sagesse de la tortue, par exemple).

Photo Charlem (courtoisie) – Une portion de Augure sur la plage, œuvre murale réalisée par Charlem, à Deux-Montagnes.

«Pour ces gens, rencontrer un ours, apercevoir un balbuzard, sont des événements qui portent une signification. Il y a un dialogue qui s’engage avec la nature, une chose que nous avons perdue au fil du temps», constate Charlem.

Son intervention picturale, par ailleurs, vient abolir cette bétonisation forcée de la berge et suscite déjà des réactions diverses, notamment cette petite fille qui s’est précipitée vers la murale, alors que l’artiste y travaillait, pour faire un câlin aux animaux qui y sont représentés.

Ceux-ci, bien entendu, puisqu’ils occupent cette zone inondable qu’on a dû endiguer, se soustrairont ponctuellement à nos regards, chaque fois que l’hiver passera et que se manifesteront les crues printanières. «Ils vont aller nager», s’exclame Charlem, déjà convaincu qu’ils reprendront la pose chaque fois que l’eau se retirera, le cycle des saisons altérant en même temps une œuvre qui vivra avec l’humeur de l’onde.

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