Si l’avenir des installations demeure incertain, Agropur explique désormais les raisons ayant motivé cette décision.
La transaction, annoncée le 14 juillet, prévoit le transfert des usines d’Oka et de Saint-Hyacinthe, ainsi que d’une dizaine de marques, dont OKA, vers Lactalis Canada. Environ 400 employés sont touchés. L’entente demeure assujettie à l’approbation du Bureau de la concurrence du Canada, un processus qui pourrait s’étirer sur plusieurs mois.
Un marché devenu trop exigeant pour la coopérative
Le directeur des relations publiques et des communications stratégiques d’Agropur, Guillaume Bérubé, explique que la coopérative a invité plusieurs acheteurs potentiels à participer à un processus avant de retenir l’offre de Lactalis. La décision s’inscrit dans un recentrage des activités vers des produits à plus forte valeur ajoutée pour les 2700 producteurs membres, soit le lait, le fromage en bloc et les protéines laitières.
Les usines de fromages fins transforment de plus faibles volumes de lait que les autres installations de la coopérative, souligne M. Bérubé. Dans un marché mondial dominé par plusieurs joueurs européens, les investissements nécessaires en optimisation et en innovation ne se justifiaient plus au regard de la rentabilité des deux usines. M. Bérubé reconnaît que la décision n’a pas été facile à prendre, puisqu’elle touche des marques appréciées autant des consommateurs que des employés.
Aucune perte d’emploi n’est prévue. Les employés et le savoir-faire des deux usines seront transférés vers Lactalis une fois la transaction complétée. Les producteurs de lait ne devraient pas être touchés non plus, les deux usines continuant de transformer leur production.
Un acheteur silencieux, une Ville qui cherche des engagements
Sollicitée pour une entrevue, Lactalis Canada a décliné. Dans une réponse écrite, la gestionnaire principale des communications corporatives de l’entreprise, Sarah Sutton, indique que la transaction « demeure assujettie aux conditions de clôture habituelles, notamment à l’approbation du Bureau de la concurrence du Canada », ce qui empêche l’entreprise de commenter davantage ou d’accorder des entrevues pour l’instant.
Le groupe appartient à la famille française Besnier depuis sa fondation et en est à sa troisième génération de propriétaires. Il a acquis plusieurs marques québécoises au fil des ans, dont les yogourts Iögo et le fromage P’tit Québec, toujours commercialisés aujourd’hui.
Du côté municipal, le maire d’Oka, Patrick Hardy, dit avoir échangé quelques courriels avec Mark Taylor, qui dirige la division canadienne de Lactalis. Une rencontre entre les deux hommes est prévue une fois le processus réglementaire complété. « Jusqu’à date, c’est resté verbal », précise le maire au sujet des engagements reçus. La municipalité ne joue toutefois aucun rôle formel dans le processus d’approbation.
M. Hardy voit néanmoins dans ce changement de propriétaire une occasion à saisir. Il souhaite discuter avec Lactalis de la possibilité d’ajouter une deuxième ligne de production à l’usine d’Oka. Il évoque également l’idée de solliciter les élus provinciaux, une fois le nouveau gouvernement en poste, afin d’attirer d’autres activités dans la municipalité.
Pour l’instant, ni Agropur ni Lactalis n’ont avancé d’échéancier quant à la finalisation de la transaction, qui demeure assujettie à l’approbation du Bureau de la concurrence du Canada.

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