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Une image et ses mille mots

(Photo André Morin, courtoisie) «Le stress qui empêche de dormir», huile sur toile de Claude Bolduc (1989-1990).

Photo André Morin (courtoisie)

Autoportrait

(Photo Claude Desjardins) L’artiste-peintre Claude Bolduc et le poète Paul Laurendeau.

Une image et ses mille mots

Rencontre onirique

L’une ne va pas sans l’autre, mais la peinture de Claude Bolduc a tout de même une petite longueur d’avance sur la poésie de Paul Laurendeau, au sens où, telle une pensée bien conçue, elle précède l’énoncé dans ce livre d’art qu’ils viennent tout juste de publier. Deux artistes. Deux formes d’expression. Une rencontre. Onirique.

Faisons d’abord les présentations. Claude Bolduc, artiste de Saint-Eustache, est un peintre autodidacte qui se réclame de l’art singulier, un courant contemporain qui fait son entrée en Amérique du Nord et qui se caractérise (en peinture comme en sculpture) par la création d’univers ou de mondes fictifs dans lesquels s’agitent des créatures étranges. Dans les tableaux de Bolduc, elles ont forme humaine ou animale et participent à un véritable exercice de défoulement, au sens propre où l’artiste lui-même confesse qu’il a commencé à peindre parce qu’il souffrait (et parce que nous sommes tous frères et sœurs de souffrance, dit-il), mais aussi parce qu’elles portent symboliquement un discours généré par le regard que pose leur créateur sur le monde comme en lui-même.

Au final, ça donne des tableaux qui bousculent, tant par la violence de la souffrance exprimée que la virtuosité qui en émane. On trouve des œuvres de Claude Bolduc dans de nombreuses collections, partout à travers le monde.

Des tableaux à lire

Résidant de Deux-Montagnes, Paul Laurendeau est docteur ès lettres de l’Université Diderot, à Paris, et porte aussi les chapeaux de philosophe, romancier et poète. Il est également spécialiste en sémiologie, en philosophie du langage ordinaire et linguistique énonciative. Tous deux présentent leur Rencontre onirique, un ouvrage de 166 pages qui réunit 70 tableaux de Bolduc auxquels Laurendeau répond chaque fois par un pictopoème.

«Nous voulions faire un livre d’art qui serait lu» , résume Paul Laurendeau qui en a dirigé la production, établi la structure et rapidement pris ses distances avec cette façon de faire qui juxtapose habituellement le contenu documentaire au corpus visuel. En lieu et place, on vous propose de vivre une expérience artistique provoquée par la rencontre de ces deux modes d’expression que sont la peinture et la poésie.

Divisé en cinq parties, le livre se veut une sorte de rétrospective de l’œuvre de Bolduc, non pas chronologique, mais thématique. «C’est comme si on avait aménagé cinq salles représentant chacune des grandes hantises de Claude Bolduc» , explique Paul Laurendeau, qui en fait aussi l’énumération: Crise spirituelle et existentielle; Ma famille, mon monde; Grandeurs historico-sociales… et notre petite politique; Femmes rebelles; Douleurs de vivre. Chacune de ces parties est précédée d’un texte présentatif issu de la plume du peintre. Une préface psychanalytique, signée Patrick Cady, nous ouvre une porte sur l’univers de Claude Bolduc.

Décomplexer le regard

Toute cette organisation, toutes ces interventions ont pour objectif de favoriser l’accès à cette œuvre que Laurendeau qualifie tout de même d’hermétique. «Bolduc produit une œuvre complexe qui requiert beaucoup de travail interprétatif» , dit-il.

Et c’est là que la poésie joue admirablement son rôle en guidant le regard (voire en le décomplexant) vers différentes zones du tableau . Les arrière-plans, notamment, où Bolduc s’emploie à représenter le monde des esprits et l’invisible, par opposition à ce qui est visible et anecdotique au premier coup d’œil. «Sa peinture est un déclencheur de parole» , soumet Paul Laurendeau, auteur d’une poésie plutôt conventionnelle, du point de vue de la forme (piétage, rimes) et surtout très ludique.

Les parties d’un tout

Quant à Bolduc, il vient d’abord de la musique, un art qu’il pratiquait en duo avec son ex-conjointe. «Après notre rupture, j’ai abandonné la musique, mais je me cherchais un autre moyen d’expression» , raconte l’artiste originaire du Saguenay, qui avait pu converser à maintes reprises avec le peintre Arthur Villeneuve qu’il admirait beaucoup. Cette liberté totalement assumée dans le geste créateur et l’absolue sincérité qui en découle lui viennent de là. C’est en puisant dans cette matière qu’il a donné son premier coup de pinceau, le 4 janvier 1987.

«Il faut voir mon œuvre dans son ensemble pour pouvoir l’apprécier, poursuit le peintre. La symbolique judéo-chrétienne (Bolduc est croyant, mais en rupture avec le catholicisme) y est assez facile à identifier. Ensuite, je me sers de la sexualité pour exprimer la vie, qui est toujours en confrontation directe avec la mort, tout simplement parce que c’est l’histoire de chacun des humains. On y retrouve aussi des éléments de la symbolique gréco-romaine et aussi, ma propre symbolique que j’ai développée avec le temps.»

C’est tout un monde, en fait, qui ne peut tenir dans un seul article de journal (ou un seul tableau) et qu’il faut approcher de la bonne manière, c’est-à-dire en parcourant, sans trop se presser, cet ouvrage qui vous mènera aussi, assurément, vers le corpus littéraire de Paul Laurendeau.

Pour obtenir votre exemplaire de Rencontre onirique, contactez Claude Bolduc, à l’adresse suivante: pcbolduc@gmail.com.

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