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Courtoisie photo: Geneviève Bellemare Jordan Officer présente son spectacle Three Rivers.

Jordan Officer: chaque chose en son temps

Il n’y a rien de précipité dans la musique de Jordan Officer qui nous arrive toujours précédé d’une réputation de grand musicien, de virtuose de la guitare, alors que c’est surtout de musicalité qu’on devrait parler à propos de cet auteur-compositeur-interprète montréalais qui a fait sa niche dans le blues, le country et le R&B.

On dira aussi «americana» pour qualifier un genre qui puise aux racines de la musique nord-américaine et ça s’entend résolument tout au long des 11 chansons qui meublent son quatrième album, Three Rivers, qui se veut aussi la matière de base du spectacle qu’il viendra présenter au Centre d’art La petite église, à Saint-Eustache, le samedi 2 février.

Réalisé par Charley Drayton (un monsieur qui a notamment travaillé avec Keith Richards, Miles Davis et Neil Young), l’album séduit dès la première écoute avec ses plages qui baignent dans une sorte de torpeur langoureuse laissant échapper une musique sublime qui fait la part belle au temps et aux silences, une musique impressionniste, voire pointilliste, dont les éléments suspendus nous apparaissent quasi distinctement avant d’aller se fondre dans l’oreille.

Sur la route

C’est cette substance-là que l’artiste est allé puiser au fil d’un voyage sur les routes de la Louisiane, du Texas et du Mississippi, où il a bien pris le temps de s’imprégner des paysages et de tout ce qui peut s’immiscer à travers nos cinq sens.

Disons-le tout net, n’écoutez pas cette musique en faisant la vaisselle. Aménagez plutôt un espace contemplatif ou mieux, installez-vous devant la scène d’où elle provient, bref, n’ayez rien d’autre à faire que de recevoir cette matière livrée par le guitariste (il tient parfois un violon) qui se fait accompagner par un bassiste (Sage Reynolds) et un batteur (Alain Bergé).

Un trio d’excellents musiciens, voilà tout ce qu’il faut pour restituer ces atmosphères aussi teintées de gospel, le chanteur s’exprimant d’une voix feutrée sur une musique aérée, aux sonorités pures, la guitare livrant en alternance de petits solos éclatants, comme si l’une (la voix) et l’autre (l’instrument) se répondaient. Parfois, on a l’impression que tout se relâche, que toute tension s’abolit, chaque instrument prenant un chemin qui lui est propre, le tout menant vers des finales dissonantes qui pourraient s’égrener à l’infini.

D’abord le jazz

C’est en côtoyant la chanteuse Susie Arioli que Jordan Officer s’est d’abord fait connaître, les deux artistes séduisant le public dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal, en 1998. Leur association, appelée le Susie Arioli Band featuring Jordan Officer aura duré un douzaine d’années au cours desquelles sept albums ont été produits et vendus à plus de 250 000 exemplaires. Le guitariste y a participé à la fois comme compositeur et réalisateur, avant d’embrasser une carrière solo, en 2010.

Son premier album éponyme, lancé cette année-là, lui a valu le Félix de l’album de l’année (Jazz Création), au gala de l’ADISQ. Suivront I’m Free(2014), puis Blue Skies (2015), celui-là inspiré de son séjour sur la côte ouest américaine, avant que l’artiste ne propose Three Rivers, album paru au printemps 2018, lequel a donné lieu, dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal, en juillet dernier, au spectacle que vous verrez ce samedi, à La petite église. Une tournée américaine et européenne est également au programme.

Information et billetterie: [http://www.lapetiteeglise.com].

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