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Le FRAPRU réclame 50 000 logements sociaux

Photo Claude Desjardins

La porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme.

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Serge Gilbert, coordonnateur de l’Association de promotion et d’éducation en logement (APPEL) de Saint-Eustache.

Le FRAPRU réclame 50 000 logements sociaux

De passage dans les Basses-Laurentides

Le Québec connaît sa pire pénurie de logements depuis 15 ans et le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) réclame du gouvernement Legault la mise en place d’un vaste chantier qui déboucherait sur la construction de 50 000 nouveaux logements sociaux d’ici cinq ans.

«On a les moyens d’investir davantage dans le logement social. Non seulement le gouvernement dispose d’un surplus budgétaire d’au moins 5 milliards, mais il pourrait aller chercher des revenus supplémentaires en rendant la fiscalité plus progressive» , soutient la porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme, elle qui prenait part à la caravane Pour du logement social maintenant!, qui s’est déployée mercredi et jeudi dernier dans les Laurentides, avec des arrêts notamment prévus devant les bureaux eustachois du député de Deux-Montagnes et ministre de l’Environnement, Benoit Charette, puis à Sainte-Thérèse, devant ceux du député de Groulx et ministre des Finances, Eric Girard.

Pénurie et flambée des prix

Selon les chiffres avancés par l’organisme, le taux d’inoccupation des logements locatifs est de 1,1 % à Sainte-Thérèse, là où le loyer moyen a augmenté de 11 % entre 2018 et 2019. À Saint-Eustache, le taux d’inoccupation pointerait sous la barre des 1 % (en fait, plus près du zéro).

La situation touche particulièrement les locataires à faible revenu et les ménages déjà mal-logés (le plus souvent des familles monoparentales ou des personnes âgées) qui, face à la flambée des prix, se voient forcés de réviser leurs critères à la baisse. Autrement dit, ils échoueront dans leur quête de trouver un logement qui soit à la fois abordable et décent, ou encore, ce qu’on appelle un logement «suffisant» , c’est-à-dire «un lieu où l’on puisse vivre en sécurité, dans la paix et dans la dignité» , tel que défini dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, que le Canada et le Québec ont paraphé en 1976.

Les «rénovictions»

De son côté, Serge Gilbert, coordonnateur de l’Association de promotion et d’éducation en logement (APPEL) de Saint-Eustache, un organisme qui couvre toute la région des Laurentides, a indiqué que le phénomène des «rénovictions» , dont on a d’abord entendu parler à Montréal, fait désormais son apparition en région, et particulièrement à Sainte-Thérèse, a-t-il dit.

«Pour obliger des locataires à quitter, certains propriétaires font des semblants de rénovations, des changements cosmétiques, en fait, et se permettent de doubler le prix du loyer par la suite» , expliquait M. Gilbert, tout en suggérant que cet état de fait n’était pas étranger au phénomène grandissant de l’itinérance dans cette municipalité.

Cloé Fortin, représentante du Comité logement du Plateau Mont-Royal, a rappelé que ce quartier montréalais a été le théâtre de ce genre de pratique proprement légale, depuis plusieurs années. «Depuis 2014, les demandes de services en lien avec des rénovictions ou les reprises de logement ont augmenté de 200 %» , a-t-elle indiqué, ajoutant que beaucoup de locataires se sentent ainsi abandonnés par le gouvernement. «Le logement social serait une solution permanente pour les mettre à l’abri de ces évictions» , d’affirmer la jeune femme.

On a également signalé que, lors du recensement de 2016, quelque 1 590 ménages locataires de Sainte-Thérèse avaient des «besoins impérieux» de logement, parce que celui dans lequel ils vivaient était trop cher, trop petit ou en mauvais état. À Saint-Eustache, on parle de 1 320 ménages. Dans les deux cas, le revenu médian est d’à peine 19 000 $.

Depuis trois ans, par ailleurs, il s’est construit 44 unités de logements sociaux ou de logements coopératifs dans toutes les Laurentides. À Sainte-Thérèse et Saint-Eustache, il n’y en a eu aucun.

Pour cette raison, le FRAPRU fonde beaucoup d’espoir sur le prochain budget du gouvernement Legault et de son ministre des Finances, Eric Girard, qui sera déposé le mardi 10 mars.

Celui-ci, qui n’était pas présent lors du passage du FRAPRU, ne s’est pas avancé sur son contenu, mais il a tout de même pu prendre connaissance des doléances exprimées. «C’est un enjeu que notre gouvernement prend au sérieux. Lors du dernier budget, c’est 250 millions de dollars qui ont été investis pour soutenir la réalisation de plus de 10 000 unités de logement dans le cadre du programme Accès Logis» , a déclaré le ministre Girard.

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