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Victoria Arlen: une bien triste histoire

Victoria Arlen: une bien triste histoire

C’est une bien triste histoire que celle de Victoria Arlen. L’athlète paralympique américaine, qui est médaillée d’or et d’argent aux Jeux de Londres de l’été dernier et détentrice d’un record du monde au 100 mètres style libre, a reçu une fin de non‑recevoir de la part du Comité international paralympique lorsqu’elle a voulu participer aux tout récents Mondiaux de natation de Montréal. On lui a interdit de participer à la compétition parce qu’il y a des chances qu’elle marche à nouveau un jour!

Athlète de 18 ans née au Massachusetts, Arlen a perdu l’usage de ses jambes à l’aube de l’adolescence à cause d’un virus rare qui a attaqué sa moelle épinière et qui l’a même plongée dans le coma pendant plusieurs mois. Devant non seulement réapprendre à vivre sa vie de tous les jours, Victoria Arlen était retournée à la compétition à 16 ans.

À la suite des résultats obtenus à Londres en 2012, le Comité international paralympique a demandé un rapport médical aux autorités olympiques américaines. Figurez‑vous que les experts médicaux qui sont à la base de cette décision ont conclu que l’évaluation et le diagnostic sur la condition de l’athlète «ne parviennent pas à fournir des preuves suffisantes d’une déficience admissible menant à la limitation de l’activité permanente ou vérifiable» (traduction libre). Le Comité l’a donc exclue de toute compétition officielle et, aux dernières nouvelles, les récriminations des Américains n’avaient en rien influé sur la décision finale, que refuse de justifier le Comité.

Certaines coïncidences sont troublantes dans cette histoire et méritent que l’on réponde à certaines questions. Premièrement, soulignons le fait que l’on ait décidé d’enquêter sur son admissibilité immédiatement après une performance hors du commun aux Jeux paralympiques, où elle a remporté une médaille d’or et trois médailles d’argent. Quel genre d’évaluation avait‑on fait de cette athlète AVANT les Jeux? Il me semble que de tels revirements de situation sont totalement inadmissibles, et que les responsables de ce gâchis ont manqué de jugement, et pas à peu près. Dans cette foulée, on peut à juste titre se demander si le Comité paralympique aurait agi de la même façon si les performances de la jeune Américaine avaient complètement passé sous le radar. Ensuite, est‑ce qu’il y aurait de la mesquinerie politique derrière cette histoire, des coups bas de la part d’autres délégations ou athlètes, des agissements qui laissent un goût amer dans la bouche de Victoria Arlen, des autorités olympiques américaines et d’une bonne partie de la population?

Certains qualifient les règles actuelles du Comité paralympique international de règles les «moins mauvaises» qui peuvent exister. On peut comprendre aisément la complexité du système de classification des athlètes selon leur degré de handicap basé sur une question d’opinions et de consensus. Qu’on les accepte ou pas, c’est une autre affaire, mais tout le monde est conscient de la chose. Par contre, empêcher une athlète de réaliser son rêve parce qu’elle a un jour la possibilité de recouvrer l’usage de ses jambes?

Très inclusif comme raisonnement, bravo!

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