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Un temple mal nommé

Un temple mal nommé

La récente sortie de Bobby Orr en faveur de la nomination de Don Cherry au Temple de la renommée du hockey m’a fait réfléchir, réflexe présumé rare chez les sportifs. Larousse décrit ainsi la renommée: «1. Opinion publique; réputation 2. Opinion favorable d’un large public sur quelqu’un ou quelque chose.» Or, si on prend cette définition au pied de la lettre, le Don en question aurait définitivement sa place au Temple de la renommée étant donnée la presque adoration que lui vouent nos compatriotes du Canada anglais. Mais Don Cherry n’aurait pas sa place à un «temple d’excellence du hockey» tant pour son absence de performances comme hockeyeur que par sa presque nullité comme entraîneur d’une équipe qui avait pourtant tout le potentiel d’être multichampionne de la Coupe Stanley.

Le Temple de la renommée du hockey, qui j’insiste, devrait s’appeler le Temple d’excellence du hockey, affiche 256 joueurs, sans compter les bâtisseurs et arbitres. Parmi ceux‑là, mentionnons les Howe (Gordie), Bathgate, les frères Richard, Béliveau, Bourque, Savard, Cournoyer, Robinson, Orr, Esposito (Phil), Gretzky, Dionne, Perreault, Lemieux, les Hull père et fils, Lafleur, Messier et plusieurs autres qui se sont illustrés durant le bientôt centenaire de la LNH. Là où le Temple a, à mon avis, été un peu people, c’est lorsqu’il a admis des Worsley, Duff, Belfour, Esposito (Tony), Olmstead, Howe (Mark), Lumley et Oates par exemple, tous des bons gars, mais qui n’ont en rien révolutionné le livre des records. Mais que viendrait donc y faire Don Cherry?

Le bien vêtu (?) Don a en tout et partout disputé un seul match dans la LNH, un match de séries au cours duquel il ne s’est pas inscrit au pointage ni même passé une seule minute au cachot. Comme entraîneur, il a dirigé pendant cinq ans une équipe de rêve composée des Orr, Esposito, Cashman, Bucyk, O’Reilly, Park et Secord, entre autres vedettes. Quatre championnats de division Adams en cinq saisons régulières, mais en cinq présences en séries d’après saison, aucune coupe Stanley. Le mieux qu’il a pu faire aura été deux finales, toutes deux perdues aux mains du CH, dont la plus dévastatrice aura été celle échappée sur le but de Guy Lafleur après une punition aux siens pour avoir eu trop de joueurs sur la glace, une punition dite de coach.

Par contre, si on parle de renommée, il faut admettre que le presque octogénaire s’y connaît. Affublé de costumes plus loufoques les uns que les autres, le bonhomme attire des cotes d’écoute incomparables dont je n’ai malheureusement pas pu mettre la main sur les chiffres, mais suffisantes pour que la CBC lui accorde des émoluments plus que confortables. Bien que la société d’État refuse de divulguer son salaire annuel, plusieurs connaisseurs l’estiment à près ou plus de 700 000 $. Si ses critiques à l’encontre des hockeyeurs québécois et européens ne l’ont pas rendu très populaire auprès des amateurs d’ici, sa popularité ne se dément pas dans le ROC (Rest of Canada). En 2004, il a terminé au 7e rang dans un sondage qui avait pour but, tenez‑vous bien, de déterminer les dix plus grands Canadiens de tous les temps. Faut le faire, non?

Quant à moi, je préfère à l’occasion rire de ses pitreries que de me désoler des insipidités de Benoit Brunet et Mario Tremblay. Si je ne crois toutefois pas qu’il aurait sa place parmi les grands de la LNH, sa renommée lui procure cependant une place de choix dans le cœur de beaucoup de Canadiens. Un candidat idéal pour Occupation double, Star Académie ou un temple de la renommée.

 

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