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Tartufferies sportives

Tartufferies sportives

Oups! Il semble bien que le racisme se soit insidieusement invité dans le merveilleux monde du sport ces derniers jours. Des propos qualifiés de dérangeants ont en effet ébranlé les colonnes des temples sportifs un peu partout sur la planète, de ceux de Ron McLean à la CBC aux tweets des partisans bostonnais sur P.K. Subban, en passant par ceux de Donald Sterling dans la NBA. Commençons avec Ron McLean. J’ai entendu son commentaire en direct et je l’ai réécouté trois fois sur le Web. Ron McLean n’a jamais, mais jamais mis en doute l’intégrité d’un arbitre francophone; il a simplement émis l’opinion que la Ligue n’aurait jamais dû confier à François Saint-Laurent la mission d’officier le quatrième match surtout après ce qui s’était passé le dimanche précédent (un but refusé par l’arbitre Francis Charron) et les commentaires de Jon Cooper, l’entraîneur du Lightning. Il a laissé sous-entendre que la LNH avait délégué un arbitre francophone exprès pour faire ravaler ses critiques à Cooper. McLean aurait sans doute pu se passer d’émettre cette remarque ambiguë, que la presse francophone s’est d’ailleurs empressée de monter en épingle. Cette même presse a toutefois omis de mentionner la sortie d’Elliotte Friedman contre l’opinion de McLean et l’intervention de P.J. Stock sur le sujet. Les deux commentateurs anglophones ont eu vite fait de remettre les pendules à l’heure. Mais, comme aime le faire Réjean Tremblay, c’est plus facile de ne rapporter que ce qui fait son affaire pour dénoncer les méchants racistes anglos qui oppriment ceux qui «vivent pliés en deux».

Quant à Donald Sterling, en dispute avec sa maîtresse, ce ventripotent bigot américain a simplement dit en conversation privée avec cette dernière qu’elle pouvait bien coucher avec qui elle voulait, mais de bien vouloir ne pas se pavaner en sa compagnie, surtout aux matchs de basketball de l’équipe qui lui appartient. Or, à son insu, la conversation était enregistrée et le «qui elle voulait» se trouve à être un Afro-Américain. Scandale! Le monsieur sera banni à vie de la NBA, mis à l’amende de 2,5 M$ et on voudra le forcer à vendre son équipe. Même si je suis presque d’accord avec ces sanctions, je me pose cependant une ou deux questions. Pourquoi les policiers doivent‑ils avoir un mandat en bonne et due forme pour écouter des bandits notoires alors qu’une bande sonore enregistrée à son insu permet une condamnation sans appel de la NBA? Et si le «qui elle voulait» avait été un Grec, un Italien ou un Suédois, y aurait‑il eu scandale et sanctions?

Passons maintenant à P.K. «Les propos racistes, exprimés dans les médias sociaux par un groupe d’individus ignorants à la suite du match de jeudi soir, ne reflètent d’aucune façon l’opinion des membres de l’organisation des Bruins de Boston.» Ça, c’est le communiqué officiel de l’organisation des Bruins; elle avait peu ou pas le choix de réagir ainsi et faisons ici un acte de foi en ne mettant pas en doute la sincérité du message. J’ai aussi tweeté pour lire les stupidités racistes qui y ont été publiées; vraiment pas édifiant en effet. Mais de tous ces joueurs qui se sont indignés de ces propos, lesquels peuvent se vanter de n’en avoir jamais tenu? J’eus aimé avoir un micro accroché au chandail de Shawn Thornton, samedi, lorsqu’il s’est blessé après que P.K. se soit penché pour l’éviter; l’organisation des Bruins l’aurait sûrement désavoué. Soyons francs; le sport est truffé de tartuffes qui n’hésitent pas à utiliser tous les moyens pour déstabiliser l’adversaire, y incluant le racisme. Et nous, bonnes âmes indignées, n’avons-nous jamais péché?

 

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