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Les meilleurs? Absents!

Les meilleurs? Absents!

«En vacances?» Avant même de me dire bonjour, c’est ainsi qu’un de mes amis, sourire en coin, fervent partisan des Bruins et donc fort mauvais perdant, m’a salué au lendemain de la défaite du CH face aux Rangers de New York. En vacances depuis jeudi dernier, les Canadiens, à leur dernier match, n’ont vraiment pas joué comme une équipe qui n’avait plus rien à perdre et tout à gagner. Il faut toutefois admettre que les hommes de Bergevin et Therrien ont surpris en balayant Tampa Bay et en éliminant la meilleure équipe de la LNH au cours des deux premières rondes de cette course à la coupe Stanley.

Tous les analystes de tous les réseaux sportifs s’accordent à dire que pour qu’une équipe parvienne aux grands honneurs, «ses meilleurs joueurs se doivent d’être les meilleurs». Dans cette finale de conférence, les meilleurs joueurs du Canadien ont brillé par leur absence.

D’abord, Carey Price. Même si Dustin Tokarski s’est avéré un remplaçant de premier ordre, Price et Lundquist demeurent les deux meilleurs portiers de la ligue et leur présence devant le filet inspire la confiance chez leurs coéquipiers et le respect chez l’adversaire. Oui, Price avait accordé quatre buts dans le premier match avant sa blessure, mais Lundquist a fait de même dans la défaite de 7‑4 au Centre Bell. Cette seule contre-performance n’a cependant pas empêché ce dernier de réaliser un blanchissage deux jours plus tard. Price aurait sans doute pu faire de même. Qu’a dit Price au sujet de sa blessure? «C’était accidentel, mais il n’a rien fait pour m’éviter.» Ça en dit beaucoup.

Les meilleurs défenseurs? Andrei Markov, surutilisé, était vidé et a multiplié les revirements, entre autres sur le but de Martin Saint-Louis en prolongation, une victoire des Rangers qui a tout changé. P.K. Subban, lauréat du trophée Norris la saison dernière, a botté le derrière du Lightning et des Bruins, mais voulait visiblement trop en faire seul et forçait ses attaquants à l’immobilité en transportant trop souvent la rondelle en entrée de zone ennemie. Ses «sparages et tourniquettes», comme disait le grand-père de Boucar Diouf, avaient des airs de «stuff de junior» comme aurait dit Jacques Lemaire. Quant à Alexei Emelin, celui que je considère comme le troisième meilleur de la brigade défensive, blessé, il n’a pas pu s’imposer par sa robustesse coutumière.

En offensive, le meilleur compteur du Canadien et le supposé ailier de puissance Max Pacioretty a surtout brillé par son impuissance non seulement à marquer des buts, mais aussi à s’impliquer physiquement dans les coins de patinoire et du long de la bande; il a préféré laisser ce travail aux diminutifs Desharnais et Gallagher. Si René Bourque, éteint toute la saison durant, a brillé de tous ses feux en série, il en a été tout autrement de Thomas Vanek, l’acquisition tardive du CH. Ce dernier a, semble‑t‑il, tout simplement boudé, malheureux d’avoir été retiré du trio qu’il formait avec Desharnais et Pacioretty.

Michel Therrien aurait‑il dû faire preuve de plus de patience avec ce trio qui a si bien fonctionné en fin de saison régulière? Tomas Plekanec, un des joueurs les plus sous-estimés de la formation tricolore, s’est lui aussi passablement effacé au cours des derniers matchs. Épuisé ou fatigué de devoir constamment s’adapter à de nouveaux ailiers? Beaucoup de mots pour conclure que chez le CH, les meilleurs n’ont définitivement pas été les meilleurs dans cette série.

La bonne nouvelle reste cependant que le noyau de l’équipe se raffermit d’année en année sous la gouverne de Bergevin et que ce que nous avons vu cette saison est définitivement porteur d’espoir.

 

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