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Les arnaqueurs

Les arnaqueurs

Jeffrey Loria et David Samson, «Grand Galop et Petit Trot» comme les avait ironiquement surnommés Serge Touchette du Journal de Montréal, ont refait surface cette semaine alors qu’ils ont procédé à une vente de feu chez les Marlins de Miami. Rappelons à nos amis lecteurs que les deux lascars avaient utilisé le même stratagème avant de mettre la clé dans la porte de nos Expos. Rappelons aussi que ceux qu’un analyste du USA Today a comparés à rien de moins que Bernard Madoff, avaient convaincu la Ville et les citoyens de Miami d’investir dans un stade de 634 millions de dollars qui leur reviendra à plus de 2 milliards dans les 40 ans sur lesquels est échelonnée la dette pour le stade. Alors que selon eux, l’équipe accumulait des déficits, un site Internet avait dévoilé des états vérifiés qui démontraient des profits supérieurs à 38 millions en 2008. Pourquoi vous parler de ces deux arnaqueurs? Parce qu’ils ne valent pas mieux que plusieurs propriétaires d’équipes qui tentent de faire porter par les joueurs l’odieux du présent lock-out dans la LNH. À ceux qui disent que les proprios devraient retirer la meilleure partie des profits puisque ce sont eux qui investissent, voici ce en quoi consiste leur investissement.

En Arizona, l’éventuel propriétaire Greg Jamieson tente de se faire financer par la Ville de Glendale un aréna qui coûtera à cette dernière rien de moins que 300 millions de beaux dollars américains, une dette répartie sur 20 ans. La Ville, bien sûr, n’a pas cet argent, mais elle le puisera chez les contribuables à raison d’une hausse de 0,7 % sur la taxe foncière. M. Jamieson quant à lui assure «qu’il a réussi à regrouper la somme nécessaire» à l’achat de l’équipe. Et comment? Un montage financier, voyons! Et c’est quoi, un montage financier? Quelques investisseurs à gauche et à droite et des prêts bancaires garantis par ces investisseurs qui n’hésiteront pas une seconde à faire faillite advenant un coup dur. Si vous ne me croyez pas, pensez donc à ce qu’a fait le grand arnaqueur Bruce McNall avec la franchise des Kings de Los Angeles. Et si ce n’est pas assez, je peux aussi vous suggérer Peter Pocklington qui s’est débarrassé de Wayne Gretzky à Edmonton après cinq conquêtes de la coupe Stanley. Pour votre information, M. Pocklington risque maintenant la prison pour avoir omis d’avoir déclaré des actifs dans sa faillite personnelle (CBC News, 31 octobre 2012).

Un autre exemple? Les Penguins de Pittsburgh jouent maintenant au tout nouveau Consol Energy Center. Comment y sont-ils parvenus? La Ville de Pittsburgh et l’État de Pennsylvanie avaient au départ des réticences à investir dans un projet de près de 300 millions. Sous la menace par le proprio Mario Lemieux d’un déménagement de la franchise à Kansas City, les deux ont fait volte-face et participé au financement du nouvel aréna; un projet de 290 millions qui a finalement coûté plus de 320 millions. Pour payer, l’État de Pennsylvanie a forcé un casino privé à leur verser 7,5 millions annuels pendant 30 ans. «Je te donne ta licence et tu paies pour l’aréna.» Ici, on a une commission Charbonneau qui se penche sur de telles transactions.

Vous plaignez ces pauvres propriétaires-investisseurs? Avant de le faire, regardez donc de près leur investissement. Vous serez surpris, ou pas, de constater que finalement, les investisseurs, ce sont les contribuables municipaux, provinciaux et fédéraux. Les joueurs sont surpayés, peut-être, mais parce qu’ils sont surévalués par des arnaqueurs qui ne pensent qu’à fouiller dans vos poches.

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