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Le sport et ses atours

Le sport et ses atours

En cette belle journée de juillet, j’étais un golfeur heureux. Pour la première fois, j’étais invité à jouer au golf sur le prestigieux parcours de Laval-sur-le-Lac. Heureux, mais en sueur. Malgré les 30 degrés au mercure, je portais un pantalon. Pourquoi? Parce que le code vestimentaire du club commandait pantalon ou bermuda avec bas à hauteur des genoux. Comme mon mollet se prête peu à ce dernier genre, j’ai opté pour le pantalon. Et j’ai sué. À la fin du match, invité au chic club‑house, j’enlève souliers de golf et bas pour chausser de plus confortables sandales. «Non, non, il faut garder les bas», me prévient mon hôte. Pas de va‑nu‑pieds à Laval-sur-le-Lac. Bien que j’aie apprécié ma journée, je me demande si je n’aurais pas dû porter plainte au Tribunal des droits de la personne pour m’avoir obligé à respecter ces inhumains règlements. Si vous êtes un amateur de golf, vous aurez remarqué que tous les joueurs de la PGA jouent en pantalon assorti d’un polo avec collet à pointes, sans égard à la chaleur. C’est le code vestimentaire obligatoire décrété par les autorités du PGA Tour et des autres instances du golf au monde. Même comme golfeur du dimanche, ne vous avisez pas de vous présenter au départ en jeans et t‑shirt sur lequel on peut lire «J’aime ma blonde»; vous n’aurez pas accès au terrain.

À Wimbledon, un des quatre tournois majeurs du tennis, le port du blanc est obligatoire pour tous. Comme à l’époque, le tennis ne se pratiquait que l’été et à l’extérieur, les nobles avaient adopté le blanc, une couleur légère et plus appropriée aux chaleurs estivales. Une pratique qui se perpétue depuis les débuts de Wimbledon et qui, vu le traditionalisme de nos cousins britanniques, n’est pas prête de s’éteindre. Avez‑vous entendu des récriminations de joueurs ou de commanditaires à ce sujet? Wimbledon, c’est Wimbledon et on en respecte les traditions.

Ah! oui, le turban au soccer? Toute cette controverse est adulte, politique et religieuse au détriment des enfants qui y jouent. Il y a cependant quelque chose qui tape sur mes nerfs de sportif respectueux des règles; c’est qu’on accuse Madame Frot, malhabile communicatrice j’en conviens, de tous les péchés du monde alors qu’elle n’a fait qu’appliquer la décision 6 de la règle 4 de la FIFA stipulant sans équivoque: «L’équipement de base obligatoire ne doit présenter aucune inscription politique, religieuse ou personnelle.» Plus clair que ça, c’est tout simplement aveuglant. Alors, quand on en fait un cas de racisme québécois et qu’un néophyte en politique cherche à nous arracher des larmes en nous disant qu’il aurait de la difficulté à expliquer à son fils pourquoi il ne peut plus jouer au soccer avec son petit copain, oui, ça m’énerve. Deux petites questions: Pourquoi le papa du petit joueur, sûrement à l’esprit très ouvert, ne lui permet‑il pas simplement d’enlever son turban le temps d’un match? Et pourquoi notre élite bien pensante cloue‑t‑elle au pilori la présidente de la FSQ sous prétexte qu’elle n’a pas su tenir compte des motifs religieux du petit joueur alors que cette même élite ne cesse de faire les gorges chaudes à propos d’un petit maire qui tient à sa prière avant les assemblées de conseil?

Selon la décision 6 de la règle 4 de la FIFA, ce n’est pas l’Association canadienne de soccer (ACS) qui aurait dû suspendre la FSQ, mais bien la FIFA qui, si elle avait eu des couilles, aurait suspendu l’ACS pour non‑conformité à ses règlements et décisions. Mais enfin, tout est maintenant réglé, tout le monde heureux, les petits peuvent jouer ensemble et les grands, politiciens et autres, peuvent se bomber le torse d’une autre victoire sportive hors terrain.

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