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Le show d’abord!

Le show d’abord!

Le mouvement olympique se couvre encore une fois d’une chape de ridicule en mettant sur la sellette la lutte olympique. Si la décision n’est pas finale et si heureusement plusieurs voix pour une révision de cette décision s’élèvent, la seule pensée de retirer des Jeux un des sports fondateurs de cette rencontre des nations suffit à faire comprendre que les bonzes du Comité olympique ne sont que des marchands du temple. À leurs yeux, seul le show compte et la noble devise des Jeux est maintenant obnubilée par l’unique nécessité mercantile de faire du cash. Il n’y en a plus que pour le spectaculaire, ce qui plaît au monde. Pour conserver sa place en 2020, la lutte devra livrer bataille au karaté et wushu, deux arts martiaux, au baseball/softball et… tenez-vous bien, au squash, au wakeboard, aux sports de roller et à l’escalade. Celles-là, sans compter ces autres grandes compétitions sportives que sont le volley de plage (surtout le féminin en string), le BMX, la gymnastique rythmique (un ballet à rubans et cerceaux), le tennis sur table, le VTT, la natation synchronisée et le golf qui fera son apparition à Rio en 2016. Tous ces emballants sports (?) feraient sauter la lutte, un sport qui figurait aux Jeux olympiques antiques au huitième siècle avant Jésus-Christ?

Je ne suis pas nécessairement un grand amateur du lancer du marteau où des bonshommes et bonnes femmes de 150 kilos lancent le plus loin possible un poids de plus de 7 kilos chez les hommes et de 4 chez les femmes après deux ou trois tourniquets, ni un inconditionnel de la lutte gréco-romaine pas plus que d’équitation ou d’haltérophilie. Il n’en reste pas moins que les Jeux olympiques ramènent à l’avant-scène tous ces sports qui ne sont à peu près jamais médiatisés et qui exigent de ceux et celles qui les pratiquent un degré d’entraînement qui force l’admiration. Est-ce trop demander de conserver à l’affiche des sports qui ont une place dans l’histoire? C’est vrai qu’Occupation double est pas mal plus facile à regarder et à comprendre que l’Heure du concert et c’est dans cette facilité que semblent vouloir nous diriger nos potentats de l’olympisme. Même si plusieurs sports olympiques sont moins connus, n’est-il pas rafraîchissant une fois par quatre ans d’entendre les Garneau (dont la voix s’est hélas éteinte), Baert, Houde et autres apôtres télévisuels de ces sports jadis amateurs nous décrire les péripéties d’athlètes dont les noms, pour plusieurs d’entre eux, n’apparaîtront jamais dans la colonne des millionnaires?

L’idéal olympique a évolué à travers les siècles. De compétitions entre villes dans la Grèce antique, les Jeux olympiques sont devenus sujets à propagande pour l’Allemagne nazie en 1936, puis pour les puissances américaine et soviétique durant les années de guerre froide. Aujourd’hui, ils ne sont qu’un outil de marketing pour une usine de lucre où seuls la piastre, le dollar ou l’euro et bientôt le yuan ont droit de cité. Pas étonnant que dans ce contexte, le string du volley féminin remplace le maillot de la lutte gréco-romaine.

Et c’est dans ce même esprit dominé par l’argent que la LNH fait des chichis à savoir si elle permettra à ses joueurs de participer aux Jeux d’hiver de Sotchi. Tout ce qui intéresse Bettman et ses sbires propriétaires d’équipe est de retirer le plus de cash possible de cette aventure olympique où, malheureusement pour leurs coffres bien garnis, certains de leurs poulains millionnaires risquent de se blesser au nom de l’honneur de leurs nations. Citius, altius, fortius, mon œil!

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