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Le rêve

Le rêve

Martin Laurendeau a 48 ans. Il est le capitaine de l’équipe canadienne de la Coupe Davis depuis 2004 et il a déclaré à l’issue du triomphe canadien contre l’Espagne: «Cette victoire, c’est la réalisation d’un rêve.» Ma’ake Kemoeatu, un plaqueur défensif des Ravens de Baltimore, originaire du Tonga, un lointain archipel du Pacifique, disait à la veille du Super Bowl: «J’ai grandi en regardant jouer Joe Montana, mais à partir du collège, je n’avais d’yeux que pour Ray Lewis. C’est un rêve devenu réalité que de jouer avec ces gars-là.» Deux exemples de rêves de ti-cul réalisés alors que prenait fin, dimanche dernier, le Tournoi bantam de Saint-Eustache.

C’est quoi le rapport? Si je vous dis Vincent Damphousse, Stephan Lebeau, Enrico Ciccone, Donald Audette, Stéphane Fiset, Ian Laperrière, Simon Gagné, Martin Biron et Jean-François Fortin, vous allez reconnaître là une dizaine de gars qui ont participé au Tournoi bantam et qui ont atteint la LNH. Ils ont réalisé le rêve de tous ces jeunes joueurs qui se sont échinés sur les deux glaces du complexe Walter-Buswell toute la semaine passée durant. Ceux de ma génération ont rêvé de devenir des Maurice Richard, Jean Béliveau ou Jacques Plante. La suivante se voyait en Guy Lafleur ou Ken Dryden et ainsi de suite jusqu’à aujourd’hui alors que les Crosby, Ovechkin et Price sont devenus les nouveaux modèles à émuler. Et c’est là que le hockey est magique, dans la réalisation du rêve.

Et ce rêve, il appartient à ces enfants. Pas aux parents (pas tous heureusement) qui rêvent un peu trop vite à la LNH pour leur rejeton, pas à ces entraîneurs (pas tous non plus) qui aiment se faire une réputation sur le dos des jeunes qu’ils ont à développer et encore moins à des bureaucrates (encore une fois pas tous) qui sont plus intéressés à édicter des lois et règlements qu’à rendre accessible un sport merveilleux. C’est malheureusement là que le rêve devient parfois cauchemar.

Lorsqu’on regarde évoluer ces mêmes ex-bantams Damphousse, Lebeau et compagnie dans la LNH, on leur accole rapidement les peu flatteuses épithètes de millionnaires, bébés gâtés ou encore flancs-mous-qui-s’assoient-sur-leurs-riches-contrats. Je ne suis pas de cet avis. Pourquoi pensez-vous que Raymond Bourque ait accepté de quitter ses chers Bruins de Boston pour s’exiler au Colorado? Quel est le plus grand regret de Gilbert Perrault qui a pourtant connu une prodigieuse carrière? Il leur manquait la coupe Stanley, le rêve de tout joueur de hockey, francophone, anglophone, russe ou suédois, même gros gras millionnaire. Nous avons tous été bantams et avons tous rêvé. Faute de talent, nous avons fini par jouer dans des ligues de garage. Faudrait pas transformer notre rêve inachevé en rancœur, n’est-ce pas?

Parlant de rêve, c’est samedi qu’aura lieu la commémoration nationale visant à rendre hommage à Richard Garneau, le regretté commentateur sportif décédé à 82 ans. En ce 60e anniversaire de l’avènement de la Soirée du hockey au petit écran, Monsieur Garneau, tout comme les Lecavalier, Bailly et Duval, y représentait la voix française de notre sport national. Après avoir brillé aux entractes, Richard Garneau a pris la relève de René Lecavalier à la description des matchs du Canadien sans compter les 23 Olympiades auxquelles il a participé. Il aura fait rêver toute une génération de jeunes qui songeaient à une carrière d’annonceur à Radio-Canada, dont votre humble serviteur. Le surnommer «le Jean Béliveau de la télé sportive» aura été le plus juste et le plus bel hommage qu’on lui aura rendu.

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