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Le paradoxe Patrick

Le paradoxe Patrick

Né et élevé à Québec dans la province de Québec, petit-fils de Bona Arsenault (pour les plus jeunes, un pilier de la défunte Union nationale de Maurice Duplessis), il a joué à Sainte-Foy, Granby, Sherbrooke et à Montréal dans la LNH. Bref, plus pure laine que ça, c’est impossible! Il a gagné à peu près partout où il est passé. Repêché au 51e rang de la foire de la LNH en 1984, il remporte un an plus tard la coupe Calder avec les Canadiens de Sherbrooke. Dès son arrivée à Montréal en 1986, il mène le CH à une première coupe Stanley après une disette de sept ans. Il récidive en 1993 devant le filet d’une équipe plus qu’ordinaire avant d’envoyer promener son p’tit boss Tremblay; cela lui vaut un exil au Colorado, exil qu’il adoucit en faisant suer tous ses détracteurs en y décrochant deux autres coupes Stanley. Il a été trois fois titulaire du trophée Conn Smythe, un record, et ajoute trois trophées Vézina à son impressionnante collection. Et j’allais oublier, peu après sa retraite, il est intronisé au Temple de la renommée (on devrait dire excellence) du hockey. Une carrière pas pire, pas pire, quoi!

Jeune retraité, il entraîne l’équipe de son fils et participe au Tournoi bantam de Saint-Eustache où il se montre généreux en signatures d’autographes. En 2005, il devient entraîneur des Remparts de Québec, dont il est copropriétaire et remporte la coupe Memorial à sa première saison derrière le banc. Son équipe sera de tous les rendez-vous de fin de saison et la franchise, la plus profitable de la LHJMQ. Finalement, il est choisi à titre d’entraîneur‑chef de l’Avalanche du Colorado, une équipe qui a terminé au 29e rang des 30 équipes de la LNH en 2012‑2013. Jusqu’ici, oui, la saison est jeune, l’Avalanche a gagné ses six derniers matchs et présente une fiche de 12 victoires et une seule défaite. De quoi être fier de ce bon Québécois pure laine. Et pourtant…

Patrick Roy est riche; les salaires qu’il a engrangés comme gardien-vedette dans la LNH lui permettent de vivre confortablement et sans souci. C’est aussi un athlète fier et orgueilleux, arrogant, hargneux, à l’occasion (peut-être fréquemment) colérique et prêt à tout pour gagner. Il est aussi un de nos athlètes les plus décorés de son sport. Mais il ne passe pas. Enfin, pas partout et surtout pas avec tous. Le tempérament latin dont on aime tant se vanter, ça ne s’applique pas à Patrick Roy? Il est évidemment difficile de contester les résultats qu’il obtient jusqu’ici à la tête de la deuxième pire équipe de la LNH la saison dernière. La presse parlée et écrite ne se plaît cependant elle pas à minimiser ses succès en s’empressant de les comparer à ceux d’autres qui se sont ensuite cassé la gueule comme les Tremblay, Carbonneau et Boucher? Est‑ce donc si difficile de simplement se réjouir des succès de l’un des nôtres, pendant qu’ils passent?

Patrick Roy a bel et bien fait ses classes dans le coaching. Il n’a pas profité de sa renommée ni de ses amitiés pour se retrouver derrière un banc d’une équipe de la LNH. Il a roulé sa bosse en autobus à travers la LHJMQ, il a dirigé les pratiques quotidiennes d’une équipe junior, il a participé aux décisions de transactions et il faisait partie de l’administration de l’équipe. Cette place derrière le banc de l’Avalanche, il y a travaillé. Si une hirondelle ne fait pas le printemps, les treize premiers matchs d’une saison ne conduisent nécessairement pas à une conquête de la coupe Stanley. Surviendront sûrement des défaites et des pépins, mais quoi qu’il arrive d’ici la fin de cette saison, je suis convaincu que Patrick Roy fera le travail à Denver, que cela plaise ou non à certains de nos petits mange-québécois.

 

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