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Le bon sens a finalement gagné

Le bon sens a finalement gagné

Il semble que la plupart des associations de hockey mineur du pays aient suivi le bon sens en interdisant les mises en échec dans les catégories de niveau peewee. Peu importe que ce soit au Québec ou ailleurs qu’on ait appliqué cette mesure en premier pour ensuite l’étendre au reste du Canada, l’important est que la santé et la sécurité des joueurs aient primé, qu’ils soient ou non promis à un grand avenir dans les rangs supérieurs.

Loin de moi l’idée de débattre du bien-fondé de l’enseignement des mises en échec à des jeunes de 12, 13 ou 14 ans du point de vue strict du développement des joueurs. Même si elles sont contestées, de telles pratiques peuvent peut‑être, et je dis bien peut‑être, s’avérer utiles sur le plan hockey.

Sauf qu’avant même de penser au développement des joueurs, il faut surtout penser aux conséquences, à court, moyen et long terme, de ce genre de pratique chez la santé des adolescents. Ne nous contons pas d’histoire: une infime partie des hockeyeurs réussissent à percer dans les rangs supérieurs, encore moins dans les rangs professionnels. Et même si ces chances de percer étaient meilleures, est‑ce que le jeu en vaut la chandelle?

Il est de notoriété publique que les mises en échec augmentent chez les jeunes les risques de commotion cérébrale. La différence quant à la fréquence de ce genre de blessure chez les jeunes Québécois et ceux des autres provinces au cours des dernières années donne un assez bon indice.

Ceux qui minimisent les risques d’une telle pratique et qui brandissent le spectre du «ce-genre-de-décision-rend-le-Québec-plus-faible-au-niveau-du-développement-des-joueurs» peuvent bien aller se rhabiller parce que leur opinion sur la chose ne passe pas l’épreuve des faits. Il est avéré que les mises en échec de niveau peewee font plus que tripler les risques de blessure et de commotion cérébrale, selon une étude réalisée par l’Université de Calgary à la fin des années 2000. Diront‑ils maintenant que le Canada s’est mis dans une position de faiblesse par rapport aux autres pays?

Bref, on a choisi la sécurité et le bien-être des jeunes avant la soif de victoire et de performance que quelques extrémistes du hockey continuent de promouvoir, comme si les mises en échec constituaient une fin en soi. Et si, justement, on mettait nos efforts sur d’autres aspects qui méritent vraiment d’être travaillés? Il y a certainement d’autres éléments à prendre en considération, à commencer par la possibilité de fournir plus d’heures de glace aux jeunes. Combien de fois ai‑je vu des parents se désoler, avec raison, que leur enfant ne profite que d’une pratique sur glace par semaine, en plus des matchs, pour améliorer ses performances?

Par rapport aux entraîneurs actuels, il faudrait aussi, dans une plus large mesure, leur donner accès à des professionnels qui leur permettraient de peaufiner leurs exercices et de les rendre le plus efficace possible. On le voit bien, il s’agit donc d’un problème d’infrastructure et de systèmes éducatifs qui, j’en conviens, ne se règlent pas aussi facilement qu’on le voudrait. Mais un petit coup de pouce à ce niveau est autrement plus souhaitable qu’un coup d’épaule au niveau du menton.

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