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La triste réalité

La triste réalité

Si vous êtes des lecteurs assidus de cette chronique, vous aurez très certainement lu avec attention les propos tenus par mon collègue Richard Marr dans son commentaire du 11 juin dernier, intitulé «Zéro en quinze, deux en quatre». Il pourfendait, à juste titre d’ailleurs, la Ligue nationale de hockey (LNH), qui fait preuve de laxisme en séries éliminatoires, par rapport aux infractions restées impunies, tout particulièrement par rapport aux gestes d’intimidation commis par quelques-uns des hockeyeurs qui ne gagneront jamais le trophée Lady Bing, remis au joueur ayant le meilleur esprit sportif.

Il faut vous dire que je me suis tout d’abord délecté des propos de notre ami Richard, qui alimente une fois de plus ma haine envers les Big Bad Bruins de Boston. On a beau trouver que Sidney Crosby accumule les points au même rythme qu’il se plaint aux arbitres, force est de constater qu’il n’a pas tout à fait tort.

Je suis prêt à admettre que les Bruins de Boston forment une «très» bonne équipe. Ils sont menés par leur général Zdeno Chara, les performances étonnantes de David Krejci, en 2013, et la tenue irréprochable de leurs gardiens Tim Thomas (en 2011, année de la coupe Stanley) et Tuukka Rask (cette année), sans compter le travail toujours efficace de Patrice Bergeron – qui n’est pas reconnu dans la LNH à sa juste valeur, soit dit en passant.

Par contre, au-delà du talent de leurs meilleurs joueurs, leurs succès en séries éliminatoires sont aussi en grande partie attribuables à la façon dont leur club a été bâti: ils sont gros, pesants et intimidants. Au moment d’écrire ces lignes, Chara et sa bande avaient arraché deux victoires en quatre parties aux Black Hawks de Chicago au cours de la finale de la coupe Stanley. Même qu’ils avaient pris les devants 2 à 1 dans la série, à force de frapper et de frapper les meilleurs éléments de leurs adversaires. Même s’ils ont souvent éprouvé des difficultés en début de partie face à une équipe bien plus rapide qu’eux, les Bruins ont plus d’une fois renversé la vapeur en cours de rencontre à grands coups d’épaule, rendant les Hossa, Kane et compagnie soudainement plus frileux dans les coins de patinoire et moins enclins à payer le prix devant le filet du gardien bostonnais. Rien à reprocher à ça. Comme on dit en bon français: ça fait partie de la «game». Les Bruins ont réussi, grâce à cette recette, à atteindre la finale pour la deuxième fois en quelques années, un exploit au cours des dernières années en raison de la parité qui s’établit au sein de la LNH.

Sauf que, et c’est sur cet aspect que le bât blesse, les Bruins de Boston exploitent à merveille des règles établies pour l’arbitrage lors de la vraie saison, celle qui compte, celle du printemps: côté sifflet, on ferme les yeux sur une multitude d’accrochages sous prétexte de ne pas changer le cours des matchs. Or, avec cette attitude de «deux poids deux mesures», les arbitres de la LNH changent nécessairement le cours des matchs, donnant aux clubs comme les Bruins de Boston un avantage indu sur les clubs reconnus comme étant petits et rapides (ça vous dit quelque chose?).

Désolé mon cher Richard, mais c’est la triste réalité.

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