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La mise en échec K.O. une fois pour toutes?

La mise en échec K.O. une fois pour toutes?

Dans un excellent dossier publié dans la revue Le Spécialiste de ce mois‑ci, l’Association des neurologues du Québec lance un cri d’alarme en ce qui concerne les dangers que représentent les commotions cérébrales des jeunes dans le sport.

Intitulé Les commotions cérébrales: le casse-tête des neurologues, l’article fouillé d’une vingtaine de pages traite des commotions cérébrales sous plusieurs angles et dans plusieurs sphères sportives, dont le hockey. D’entrée de jeu, l’opinion de ces médecins spécialistes du cerveau est sans équivoque: «Il y a urgence d’agir, pour la santé de nos jeunes.»

Les commotions cérébrales, sous toutes leurs formes, étant l’une des blessures les plus fréquentes au hockey, ils envisagent le retrait pur et simple de cet aspect du jeu dans toutes les catégories jusqu’au niveau bantam inclusivement, et de limiter l’introduction de cet aspect du jeu, au niveau midget, aux joueurs qui ont atteint le niveau midget espoir et AAA, junior majeur, junior AAA et universitaire. Il s’agit d’une mesure pleine de bon sens lorsqu’on sait que même une minorité de ceux qui pratiqueraient la mise en échec selon les recommandations de l’Association aura une mince chance de pouvoir un jour accéder au hockey professionnel.

La portion du dossier portant spécifiquement sur le hockey déboulonne aussi un certain nombre de mythes associés à la mise en échec, mythes que les tenants de la mise en échec mettent de l’avant sans prendre la peine de lui faire passer le test de l’épreuve des faits ou d’appuyer leur raisonnement sur des observations scientifiques valables. À ce chapitre, mentionnons notamment le mythe selon lequel un apprentissage précoce de la mise en échec réduirait les risques de blessures, ce qui est faux et ne s’appuie sur aucune considération statistique sérieuse.

Un autre argument assez ridicule prétend que la mise en échec fait partie intégrante du hockey et que de l’enlever dénature le sport. Pour une infime partie des joueurs qui pratiquent le sport de façon professionnelle, et qui de surplus sont majeurs et vaccinés, soit, je l’accorde. Mais il n’y a aucune raison sensée d’exposer nos jeunes au lourd héritage des séquelles découlant des commotions cérébrales au simple argument de prolonger la culture obsessive du hockey à travers nos enfants. À ce que je sache, le plaquage répété dans la cour d’école ou dans les couloirs entre les casiers n’est pas permis? Et s’il vous plaît, ne sortez pas l’argument de l’équipement de protection.

L’Association des neurologues n’est pas seule dans cette croisade. L’organisation met aussi de l’avant des recommandations similaires de plusieurs associations médicales nationales comme l’Académie canadienne de médecine du sport et de l’exercice, l’Académie américaine de pédiatrie, la Société canadienne de pédiatrie et l’Association médicale canadienne. Quel est le poids de l’argumentaire de ces associations professionnelles médicales face à nos «connaisseux de la game» et aux parents encore obnubilés par la possibilité de voir leur rejeton faire la fierté de la famille, au péril de sa santé et de sa qualité de vie?

Je ne vois plus vraiment comment les autorités compétentes du hockey mineur au Québec font pour se cacher la tête dans le sable et pour ainsi éviter d’agir rapidement pour mettre en pratique des recommandations qui tombent sous le sens.

 

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