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La leçon de bienséance

La leçon de bienséance

J’ai bien failli mourir étouffé dans mon café jeudi dernier, au lendemain du match Canadien-Bruins, en lisant les pages sportives de mon quotidien préféré (je ne vous dis pas lequel, parce qu’ayant effectué un voyage de pêche près de Sagard il y 20 ans, je ne voudrais pas… enfin, vous comprenez). Dans ces pages sportives donc, les très bienséants membres de l’équipe détentrice de la précieuse coupe Stanley s’indignaient, rien de moins, du manque de classe des partisans du CH. Imaginez-vous donc que ces derniers ont applaudi après que la rondelle ait atteint le longiligne et très sportif Zdeno Chara en pleine figure à la suite d’une tentative de déblaiement de Tomas Plekanec. S’il faut convenir que ces applaudissements manquaient à tout le moins d’une certaine élégance, je me suis demandé qui étaient donc ces Bruins pour oser donner des leçons de savoir-vivre aux fans montréalais.

Parlons d’abord de la classe des fans bostonnais et de leur presse. Il est d’ores et déjà acquis que le vieux Garden de Boston était et de loin le pire aréna de la Ligue nationale de hockey au point de vue conduite des partisans, et qu’aux dernières nouvelles le déménagement au TD Garden ne leur a en rien appris les bonnes manières. Si le mot «hooligan» eut été américain plutôt que britannique, c’est sûrement aux partisans des sublimes Bruins qu’il eut le mieux convenu. Et quant à leur presse, elle était on ne peut plus empressée de rapporter les propos de Mark Recchi qui laissait sous-entendre que Max Pacioretty avait feint une blessure plus grave afin de voir leur Zdeno suspendu (Boston Globe, 25 mars 2011). Quelle classe!

Et les porte-paroles de la leçon de bienséance des Bruins: «C’est un manque de classe de la part des partisans», a affirmé Brad Marchand. Est-ce que je me trompe ou est-ce le même Brad Marchand qui a tenté de blesser Alexei Emelin en le fauchant à la hauteur des genoux? Il faut dire qu’Emelin avait auparavant solidement frappé plusieurs Bruins, un traitement inhabituel de la part des agneaux tricolores. Emelin méritait donc de se faire intimider par le très «classe» Marchand, ce dont il ne s’est d’ailleurs pas privé de faire. Et que dire de Tim Thomas qui, lui, n’a pas apprécié que les joueurs du Canadien foncent sur son filet: «On dirait que pour certains gars, la stratégie c’est de plaquer le gardien. C’est leur jeu. Les arbitres doivent protéger les gardiens.» Serait-ce voir la paille dans l’œil du voisin et ignorer la poutre qui obstrue le sien? Si les Lucic, Marchand, Thornton et autres n’intimidaient pas physiquement les gardiens adverses, les Bruins de Boston lutteraient probablement pour une place en séries. Et pour clore le chapitre de la bienséance avec Tim Thomas, disons que son refus de se rendre à la Maison-Blanche sur l’invitation du président des États-Unis ne se classe sûrement pas parmi les exemples à suivre. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont des fans montréalais des Bruins qui ont trouvé ce geste impardonnable. En conclusion, il eut mieux valu que les très «classe» Oursons regardent dans leur cour avant de parler à tort et à travers.

Salut, Garry Carter

Ce n’était pas mon préféré, j’étais un de ceux qui trouvaient qu’il prenait beaucoup de place, surtout devant les caméras, et qu’il faisait de l’ombrage au plus effacé et, selon moi, le plus talentueux Expos, André Dawson. Il reste cependant qu’il aura été parmi les meilleurs receveurs du baseball majeur et qu’il n’a pas volé sa place au Temple de la renommée. Voir mourir quelqu’un à 57 ans d’un cancer au cerveau ne peut faire autrement que nous attrister.

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