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La bonne attitude

La bonne attitude

La direction du Canadien de Montréal a adopté la bonne attitude dans ses négociations avec son défenseur étoile P.K. Subban, c’est-à-dire de respecter les paramètres d’entreprise qu’elle s’est donnés envers le traitement d’un tel jeune joueur – aussi populaire, volubile et adulé soit-il.

Un contrat transitoire de deux ans comportant des éléments financiers similaires à ceux signés par Carey Price et Max Pacioretty est amplement suffisant pour un joueur qui, malgré le fait qu’il ait été parmi les plus utilisés durant les dernières années, n’est pas la vedette qu’il croit être. Vous me répondrez que Marc Bergevin et compagnie avaient le beau jeu dans cette histoire, P.K. n’étant pas encore admissible à l’autonomie pleine et entière. Ben, justement! Le DG du Canadien aurait pu avoir une attitude de fan et penser aux fans en tout premier lieu, mais il l’a dit lui-même: «Si j’agis en fan, j’en deviendrai un bientôt.» Ceux qui s’indignaient du fait que l’on n’offre pas aux amateurs ce qu’ils veulent (signer-P.K.-à-tout-prix-avant-le-lock-out ou signer-P.K.-à-tout-prix-avant-le-début-de-la-saison) sont les mêmes qui chialent contre la flambée des salaires et les deux lock-out de la Ligue nationale de hockey qui ont empoisonné la vie des amateurs au cours d’une seule et même décennie. Or, cette propension des propriétaires à vouloir des vedettes (et des semi-vedettes, faut-il préciser) à n’importe quel prix a contribué à amener la LNH vers le gouffre financier que l’on connaît.

En respectant la stratégie d’entreprise du Canadien de Montréal, Marc Bergevin respecte bien plus les amateurs que certains le disent. De plus, il gagne le respect des autres joueurs et de toute l’organisation. Et arrêtez de dire que P.K. est absolument nécessaire au Canadien. Certes, Montréal est meilleur avec P.K. que sans lui, mais s’il était la pierre angulaire du CH, comment expliquer les piètres résultats de l’équipe l’année dernière? Sept buts et 36 points en 81 matchs pour 2011-2012, ce n’est pas, comme qui dirait, des statistiques qui transportent une équipe. Et comment expliquer les statistiques (surprenantes) du Tricolore cette année sans lui? Oui, il a été durant longtemps premier défenseur du Canadien, mais était-ce par choix ou en raison de la blessure d’un certain Andrei Markov?

À n’en point douter, Subban est un joueur énergique, dynamique et électrisant, mais qu’on ne vienne pas me dire qu’il agit de manière professionnelle (en pensant à son équipe) lorsqu’il s’élance comme un golfeur en effectuant un «foudroyant» tir de la pointe qui finit par s’écraser sur la bande à un pied du gardien adverse ou lorsqu’il «gèle» de façon spectaculaire un adversaire à sa ligne bleue, déphasé par rapport au reste du jeu, mais en parfaite concordance avec son indice de popularité.

La récente décision de Michel Therrien d’interdire le «triple low-five», ce geste que lui et Carey Price faisaient à la fin d’une victoire, vise justement à calmer ce goût du spectacle du défenseur étoile et à encadrer ce diamant brut qu’est P.K., pour qu’il sache que l’équipe compte plus que tout. Le jeune défenseur parviendra-t-il, lui, à adopter la bonne attitude?

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