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Honte au Temple!

Honte au Temple!

Il y a quelques semaines, je disais du Temple de la renommée du hockey qu’il était mal nommé. Depuis la semaine dernière, il est aussi mal embouché! Pas que j’en aie contre la nomination de Chris Chelios, qui n’a pas toujours eu une vie hors glace des plus exemplaires ni contre celle de Brendan Shanahan, qui aujourd’hui préfet de discipline n’en a pas toujours été un exemple comme joueur. Non plus contre celle de Scott Niedermayer, qui doit son accession au Temple plus à sa longévité qu’à sa production, sa meilleure saison étant de 26 buts et 35 passes. Geraldine Heany? Je ne la connais ni d’Ève ni d’Adam, mais si on dit qu’elle est la Bobby Orr du hockey féminin, j’achète. Mais Fred Shero? Non, celle‑là, elle ne passe pas!

Comme c’est à titre de bâtisseur qu’il accède au Temple, voyons donc ce que ce gars‑là a bâti. Il a bâti une équipe deux fois championne en débâtissant le hockey sous l’œil bienveillant de ses bonzes, heureux de voir les dollars rentrer grâce à ce hockey à la Slap Shot. Ne nous leurrons pas. De tout temps, le hockey a été un sport rapide et rude; mais jamais avant Fred Shero, un entraîneur avait‑il érigé la violence en système de jeu, un système qui malheureusement a mené ses équipes à la conquête de deux coupes Stanley.

Parlons‑en de ces deux éditions de malfrats, qui ont piraté la coupe Stanley en 1973‑1974, puis en 1974‑1975. Les flibustiers de 1973‑1974 ont compté 273 buts et passé 1 750 minutes au pénitencier tandis que ceux de l’année suivante comptaient 293 fois et se retrouvaient au cachot pendant 1 969 minutes. Ces deux mêmes saisons, le CH comptait 293 fois en ne passant que 713 minutes en pénitence en 1973‑1974; l’année suivante, il marquait 374 buts en subissant 1 065 minutes de punition, près de la moitié moins que les bouchers de Philadelphie, ville dont l’étymologie signifie ironiquement «amour fraternel». Au cours des sept ans de règne du brumeux Shero, ses équipes ont passé un total de 11 903 minutes au cachot, une moyenne de 1 700 minutes par saison, en saison régulière seulement. Et c’est ce genre de bâtisseur qu’on intronise au Temple de la renommée du hockey?

Dans La Presse on dit «qu’il invente un raccourci pour le succès… une stratégie qui mêle le talent (Clark, MacLeish, Barber…), un gardien exceptionnel (Parent) et l’intimidation extrême». Ça prenait vraiment un génie pour y penser, un génie malfaisant parmi des benêts tout à fait consentants à se laisser ensorceler. Stephen Whyno de La Presse canadienne titre quant à lui que «Fred Shero a révolutionné la façon d’enseigner le hockey». Quoi? Une révolution à main armée? Ses anciens joueurs l’encensent unanimement et c’est compréhensible. Ce qui l’est moins, c’est que la candidature de Shero ait passé le test du 75 % des votes au comité de sélection quand on sait qu’il est composé de réels artistes et artisans du hockey partisans de la non‑violence tels Serge Savard, Scotty Bowman, Igor Larionov, Lanny McDonald, Peter Stasny, Bill Torey et le «coloré» Marc de Foy. Si on admet Shero au Temple, qu’on y amène aussi ceux qui ont fait de lui ce prétendu grand homme de hockey. Clarke, dont le plus haut fait d’armes aura été de briser la cheville de Kharlamov, y est déjà. Reste la belle brochette de gorilles qu’étaient les Dornhoefer, The Hammer Schultz, Houndog Kelly, Moose Dupont et Big Bird Saleski; leur grand talent garnirait bien les étagères du Temple.

Correction: Dans le billet intitulé Le paradoxe Patrick, c’est à tort que j’ai qualifié Bona Arsenault de pilier de l’Union nationale. M. Arsenault était plutôt membre du Parti libéral. Un gros merci à celui qui me l’a signalé et qui, je l’espère, continuera de me lire.

 

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