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Du sport et des études

Du sport et des études

La controverse entourant la décision de Patinage de vitesse Canada, de non seulement écarter de son équipe le médaillé d’or Mathieu Giroux, mais aussi de lui suspendre son brevet d’athlète et une mince rémunération mensuelle de 1 500 $, ramène sur le tapis l’interminable discussion de la place des études au sein des sports d’élite. Sans vouloir exacerber la fibre patriotique que trop de commentateurs se plaisent à exploiter, on peut toutefois se demander de quel droit une fédération sportive peut imposer un lieu d’entraînement et d’études à un de ses athlètes, d’autant plus que ce dernier plaide une situation temporaire et offre de prendre une année sabbatique pour rejoindre une équipe qui a encore deux ans d’entraînement devant elle avant les prochains Jeux d’hiver.

Cette situation n’est pas nouvelle, on le sait; Sylvie Fréchette, entre autres, en a souffert. Le fait que des Québécois doivent y faire face plus que d’autres est bien sûr dû à la langue, mais j’ose croire – sans je l’espère être trop naïf – que Patinage de vitesse Canada agirait malheureusement de la même façon pour un athlète ontarien qui refuserait de quitter sa province pour poursuivre ses études à Calgary. Et pourtant nul autre athlète plus que l’olympien doit préparer son après-carrière. Tout sportif professionnel, soit-il hockeyeur, joueur de baseball, football, basketball ou autres, dispose généralement de plusieurs années pour empocher des millions assurant son avenir et sa retraite. Que reste-t-il à l’olympien à part une médaille, laquelle si elle n’est pas d’or est très peu monnayable, et de beaux souvenirs d’avoir entendu son hymne national en brandissant cette médaille et le modeste bouquet de fleurs qui l’accompagne?

Le hockey, à raison, est souvent la cible de ceux qui reprochent au sport de ne pas faire assez de place aux études en arguant qu’à peine un pour cent de ceux qui le pratiquent pourront faire carrière. Une nouvelle qui est récemment passée sous le radar, comme l’est souvent tout ce qui n’est pas relié au sport professionnel, est celle de la création par le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) de la Ligue de hockey scolaire juvénile. Cette ligue, censée «évoluer dans le respect des valeurs du RESQ basées sur des principes d’éthique et de réussite académique», permettra la pratique du hockey du niveau secondaire jusqu’à l’université. Jouer au hockey avec obligation de réussite académique, quelle bonne nouvelle! Sauf que les joueurs de la structure intégrée de Hockey Québec de niveau midget AAA, midget espoir et bantam AA ne peuvent faire partie de cette ligue. Oups! Tout comme la Ligue de hockey préparatoire scolaire (LHPS), cette ligue fondée depuis 2010, qui aux yeux de Hockey Québec est toujours perçue comme «hors-la-loi». Comme Bonnie et Clyde ou les frères Dalton? Cher Hockey Québec!

Ce n’est pas la première fois que j’en parle et d’après les réticences exprimées de toutes les façons, du retrait d’un athlète de son équipe jusqu’à l’utilisation du terme «hors-la-loi» pour une ligue de hockey scolaire, ce ne sera pas la dernière. Parce que ce n’est pas demain la veille que les organisations sportives vont comprendre que le bien de l’athlète, olympien, professionnel ou amateur passionné, passe par la réussite d’études qui lui permettront une après-carrière réussie. Le sport pour 99 % de ceux qui le pratiquent demeurera toujours un passe-temps, accessoire à une bonne santé, permettant la réussite des études.

Un joyeux Noël et une bonne année 2013 à tous et toutes!

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