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Commotions cérébrales: légiférer?

Commotions cérébrales: légiférer?

Le sujet est plus qu’à la mode par les temps qui courent et, plus que le sujet, ses conséquences sont pour le moins préoccupantes. Les commotions hantent le monde du hockey, du football, de la boxe et même notre GSP national n’y a pas échappé à la suite de son dernier combat. L’émission Enquête de Radio-Canada en a fait le sujet de son dernier reportage; il n’y était pas question des commotions au football professionnel, mais bien plutôt du football collégial, scolaire secondaire et même de celui des enfants de 8‑9 ans. Le sujet inquiète tant et si bien que, oh, misère!, la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport a décidé de mettre sur pied un comité qui aura six mois pour lui présenter ses conclusions et, espérons‑le, surtout des solutions.

Quand on parle de boxe et de combats extrêmes, on s’entend que le but ultime de ces deux sports est de passer le knock‑out à l’adversaire, donc de le frapper à la tête pour le terrasser. Je ne vois personnellement pas comment enrayer les commotions cérébrales dans ces deux sports, sinon en défendant purement et simplement la tenue de combats. Il en irait différemment pour le hockey et le football, si on s’en tenait d’abord à l’esprit du sport et ensuite au strict respect des règlements. Au football, il y a le plaqué et au hockey, la mise en échec. Le but de ces deux actions est de ralentir ou d’empêcher la progression de l’adversaire vers le but adverse. Mais voilà! Les joueurs ont grandi et grossi, les équipements itou, et les arbitres se sont vu imposer une certaine tolérance afin de rendre le spectacle plus intéressant. De sorte que le but n’est plus de simplement arrêter l’adversaire dans son élan, mais bien de l’assaillir pour le sortir du jeu, autant que possible pour le reste du match. Il n’y a qu’à regarder pour voir où cette tolérance à la violence a mené ces deux sports; à un nombre toujours grandissant de commotions cérébrales engendrant dépression, démence et tendances suicidaires. Que faire? Est‑il normal que des enfants de 8‑9 ans jouent le même football que leurs aînés? Le neurochirurgien Robert Cantu, qui dirige le Centre d’études sur les TEC (encéphalopathie traumatique chronique), affirme qu’il ne laisserait jamais un enfant pratiquer le football avant l’âge de 14 ans.

Par ailleurs, il faut admettre que l’essence de ces sports repose sur la vitesse autant des attaquants que des défenseurs et que des chocs vont se produire. Il faut aussi comprendre que ceux qui le pratiquent le font en toute connaissance de cause. Peut‑on garantir qu’un pilote de Grand Prix ne mourra pas en piste? Il reste cependant que si on ne peut prévenir totalement les commotions, on peut tout au moins s’assurer que les blessés aient les moyens et le temps d’en guérir. La décision de revenir au jeu et de risquer une récidive demeure toutefois la leur.

Football Québec existe, mais à en juger par les réponses de son président, Jean-Claude Meffe, à la journaliste Madeleine Roy, il n’est pas surprenant que le gouvernement ait décidé d’y mettre le nez. Ce monsieur expliquait que les équipes devaient remettre un rapport pour chaque incident impliquant une commotion; il juge cependant que les équipes ne le font probablement pas, mais que même si elles le faisaient, ils se retrouveraient sans doute sur une tablette puisque, dit‑il, ils ne sont que deux pour mener la barque à Football Québec. C’est toujours désolant de voir la bureaucratie gouvernementale se mêler de sport. Cependant, Football Québec n’aura que ce qu’elle mérite si elle se retrouve avec une législation encadrant les commotions cérébrales.

 

 

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