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Capital de sympathie

Capital de sympathie

Qu’est-ce que le capital de sympathie? On dit qu’il s’agit d’une émotion positive envers un ou des individus. Il pourrait aussi avoir comme synonyme le bénéfice du doute ou, sportivement parlant, la chance au coureur. Or, dans le merveilleux monde du sport et de ses implacables partisans, ce capital de sympathie peut varier de façon significative selon le sujet. Prenons par exemple la tenniswoman Eugénie Bouchard et le hockeyeur P.K. Subban.

Eugénie Bouchard a connu un début de saison époustouflant et son ascension vers le top 10 a été fulgurante. Un premier titre à Nuremberg, des demi-finales en Australie et à Roland-Garos, ainsi qu’une finale à Wimbledon, et voilà «Genie» classée au 7e rang de l’Association de tennis féminin (WTA), à la veille de la Coupe Rogers présentée dans son patelin. Sans surprise et compte tenu du caractère particulier du public montréalais, les attentes étaient grandes, pour ne pas dire démesurées; disons-le franchement, on avait déjà couronné l’athlète de 20 ans au Stade Uniprix. Déception! «Genie» n’aura offert à son public qu’une atroce performance dans une défaite de 0-6, 6-2 et 0-6, face à une qualifiée classée 113e. Et pourtant, le capital de sympathie envers la Westmountaise n’a en rien été égratigné. Encore jeune, jolie, s’exprimant fort bien en français avec un charmant petit accent anglais, on a eu vite fait de lui donner des excuses ou, disons-le plus gentiment, comprendre la situation dans laquelle elle se trouvait. Son absence des courts depuis Wimbledon, l’énorme pression de jouer devant les siens, les exigeantes et nombreuses entrevues données aux médias depuis son retour de Wimbledon, autant de raisons évoquées par nos médias, pour une fois, tous plus indulgents les uns que les autres. Croyez-moi, j’en suis on ne peut plus heureux, mais ça ne m’empêche pas de m’étonner du traitement radicalement opposé qu’on a déjà commencé à servir à un autre surdoué de son sport.

L’encre n’est pas encore sèche sur le contrat de 72 M$ que vient de signer P.K., le Norris de 2013, et il n’a pas encore patiné au Centre Bell que déjà certains médias et la multitude de connaisseurs de hockey qui sévit dans cette province mettent en doute sa valeur. C’est vrai que dans une société où être riche est mal vu, il ne faut pas se surprendre que le capital de sympathie envers le 76 tricolore ne peut pas être très élevé. Certains prétendent que son travail défensif laisse à désirer; à ceux-là puis-je suggérer que les Paul Coffey, Al McInnis, Brad Park et Serge Savard, entre autres, tous membres émérites du Temple de la renommée du hockey, ont souvent donné des cheveux blancs à leurs entraîneurs par leur fougue offensive? Un journal suggère malicieusement que P.K. a préféré assister à la Coupe Rogers à Toronto plutôt qu’à Montréal, la ville qui vient de faire de lui un multimillionnaire. Sa famille est, à ce que je sache, de Toronto, nous sommes encore en été et il a peut-être le droit de préférer le tennis masculin au tennis féminin. Et ce loustic qui a écrit une lettre que les deux grands quotidiens montréalais n’ont d’ailleurs pas hésité à publier, dans laquelle il prétend que Serena Williams a donné une leçon de classe à P.K. en s’adressant à la foule québécoise dans un français fort potable. Fadaises! Patrice Brisebois et José Théodore s’exprimaient bien dans notre langue et ça ne nous a pas empêchés de les aider à s’exiler.

L’une est une charmante et brillante jeune fille, l’autre est un robuste et frondeur hockeyeur. Les deux sont également de brillants athlètes et quelque part, dans notre capital de sympathie, il y a sûrement de la place pour les deux.

 

 

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