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Ben

Ben, voyons donc!

Le 3 novembre, le jour J des élections municipales, approche à grands pas et les promesses, plus folles les unes que les autres, n’ont pas fini d’éclabousser les premières pages de nos journaux. Même si la politique n’a pas sa place dans ces pages sportives, la dernière promesse en lice, celle de Marcel Côté, l’aspirant à la mairie de Montréal, de ramener le baseball majeur à Montréal, touche le sport et elle m’a tout simplement mis en maudit! En maudit, parce que c’est une promesse irréfléchie et parce qu’encore une fois un politicien nous prend pour des imbéciles.

D’abord, l’argument monétaire. Sur les ondes de Radio-Canada, samedi dernier, l’ex-Expo Claude Raymond soulignait que la dernière franchise vendue dans le baseball majeur, celle des Padres de San Diego, l’avait été pour la modique somme de 875 millions $. Rien que ça, et pour la franchise seulement! Et le stade? Où jouerait-elle cette équipe, Monsieur Côté? Au magnifique Stade Olympique? Quel en serait le coût de rénovation pour le rendre sécuritaire? Un nouveau stade, où et à quel prix? Au centre-ville où les cônes orange constituent le principal décor, où les embouteillages et les pannes de métro sont le lot des Montréalais et banlieusards qui osent ou doivent s’y aventurer? On estime que la construction d’un stade conforme aux exigences de la MBL coûterait dans les environs de 1 milliard $. Et on n’a pas encore parlé des contrats faramineux accordés aux joueurs. En 2012, les A’s d’Oakland avaient la plus basse masse salariale à 49 millions $, américains bien entendu, loin derrière celle des Yankees à 195 millions $. Déjà que les fans de hockey, notre sport de prédilection, n’en finissent plus de grogner sur les «gros salaires des bébés gâtés», les lignes ouvertes se déchaîneraient sûrement à propos de ceux des baseballeurs en majorité américains. Et qu’on ne vienne pas me parler de la nouvelle parité du dollar canadien avec l’américain. C’est comme si je vous disais que vous pouvez acheter une maison de 5 millions $, parce que le taux hypothécaire n’est qu’aux alentours de 3 %. Pouvons-nous nous permettre millions et milliards, voilà la question. Parce que même si des investisseurs privés (qui seraient-ils? Desmarais, Péladeau, Bronfman, Molson, ils ont déjà tous passé) étaient intéressés par l’aventure, il ne faut pas se leurrer, ils se tourneraient vite vers les gouvernements sous le prétexte des fameuses «retombées économiques.» Et les gouvernements, vous le savez, ne sont rien d’autre qu’un gros vase communiquant avec NOS goussets.

Et l’engouement pour le baseball? Je vous suggère que les partisans québécois vibrent plus pour les équipes gagnantes que pour le sport qu’elles pratiquent. Rappelez-vous les estrades vides dans l’immense Stade Olympique. Avez-vous oublié que les dernières grosses foules de nos Z’amours étaient ces soirées de hot-dogs à 1 $? Du bon baseball, il s’en joue, ici même à Saint-Eustache. Les Bisons jouent dans le meilleur calibre junior de la province (équivalent à la Ligue junior majeure du Québec au hockey) et on se réjouit lorsqu’une centaine de personnes se pointent par une belle soirée de juillet. Ramener le baseball en passant par une équipe, à Montréal, de la Ligue CanAm? Rappelez-vous que les Voyageurs, club ferme du CH, jouait devant des estrades vides dans l’ancien Forum. Non, à Montréal, seul un sport majeur a le potentiel d’attirer des foules. Malheureusement pour les amateurs de baseball, cette ville et cette province n’ont pas ce qu’il faut pour faire vivre une équipe de la Ligue de baseball majeur. Politiciens, cessez donc de vous moquer de nous!

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