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Athlètes ou militants?

Athlètes ou militants?

En début de semaine dernière, tous, ou presque tous, nos athlètes olympiques étaient de retour en sol canadien. Depuis lors, on a eu le bonheur de les entendre et de les voir sur presque tous les médias, exhibant fièrement leurs médailles d’or, d’argent ou de bronze. Si on a fini par comprendre l’inutilité de les questionner sur leurs déceptions de ne pas être montés sur la plus haute marche du podium dans leurs disciplines respectives, je me demande bien quand on va finir par leur ficher la paix sur leurs positions envers le régime Poutine, la loi anti‑gay en Russie, l’Ukraine et tutti quanti. Alexandre Bilodeau a très bien résumé la position des athlètes sur le plateau de Tout le monde en parle lorsqu’il a répondu avec belle assurance que «nous étions à Sotchi pour performer, pas pour militer sur la place publique en territoire russe». Il aurait pu ajouter que les politiciens de tout acabit se font suffisamment de capital politique sur le dos de leurs exploits qu’il ne faut pas en plus exiger d’eux qu’ils affichent leurs allégeances politiques ou leurs préférences sexuelles sur les marches du podium.

Les athlètes se défoncent en entraînements de quatre ans en quatre ans pour être les meilleurs, certains pour représenter leur pays, d’autres pour mousser leur sport et d’autres enfin pour promouvoir leur future carrière, dans leur sport ou ailleurs. Si déjà la politique intéresse peu ou prou la majorité du commun des mortels, à quoi devrait‑on s’attendre de ces sportifs dans la jeune vingtaine? Ils ont à peine assez de temps pour concilier les exigences de leur sport et les études qu’ils doivent poursuivre s’ils ne veulent pas se retrouver devant rien, la carrière finie. Alors, la politique… D’ailleurs, on a vu à ce même Tout le monde en parle comment un aspirant au titre de premier ministre du Canada s’est mis un doigt dans l’œil en répondant frivolement à une question sur l’Ukraine. On a aussi pu constater comment un avocat de Québec qui aspire à la tête du CIO a pu se mettre dans l’embarras en étreignant avec effusion l’athlétique Vladimir Poutine. Si maître Aubut n’avait pas, lui non plus, à donner de leçons politiques à l’hôte des Jeux d’hiver en cette quinzaine olympique, il me semble qu’une simple poignée de main eut été bien suffisante pour témoigner de l’appréciation canadienne envers l’hospitalité russe.

Le réveil a sonné

Dans ce rêve olympique où nous avons sombré durant plusieurs jours, il y avait du hockey. Du beau hockey sur une patinoire aux dimensions olympiques. Du beau hockey généralement arbitré selon le livre de règlements et non pas en fonction du temps qui reste et du pointage indiqué au cadran. Du beau hockey axé sur la vitesse d’exécution, oui, sur la robustesse, mais dénué d’inutiles accrochages après les coups de sifflet. Du beau hockey où les principaux acteurs sont les meilleurs de leur profession, jouent selon un plan bien défini et le respectent. Du beau hockey où les meilleurs se sacrifient à bloquer des lancers, à pratiquer échec avant et arrière et font circuler la rondelle avec un art rarement déployé dans le circuit Bettman. Du beau hockey où les millionnaires du sport jouent pour l’honneur de leurs pays respectifs. Du beau hockey où on voit que la fierté est de loin un bien meilleur motivateur que tous les billets verts réunis.

Le réveil a été brutal, mercredi dernier, dans ces retrouvailles avec la LNH. Plus soporifique que le match Canadien-Red Wings, tu meurs! Le réveil a sonné, le rêve brisé. Le carême commence aujourd’hui; la saison régulière a repris place dans nos sous‑sols et Cage aux Sports.

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