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Albatros!

Albatros!

Je n’apprends rien à personne en disant que je suis un passionné de golf. Je m’y suis initié à l’âge de 12 ans comme caddy au Club de golf Hillsdale; j’y ai d’ailleurs joué ma première ronde de golf lors du tournoi annuel des caddies avec des bâtons empruntés à un gentil membre, comme c’était la coutume. Je joue donc au golf depuis plus de 50 ans sans jamais avoir réussi un seul trou d’un coup. Je suis toutefois récemment venu à quelques pouces près de réussir un albatros. S’il s’agit d’un exploit rarissime au golf, l’albatros est aussi un sujet de conversation très à la mode par ici par les temps qui courent. Pour les non‑initiés, réussir un albatros au golf c’est loger sa balle dans le trou en trois coups de moins que la normale, soit deux sur une normale cinq ou un trou d’un coup sur une normale quatre.

D’où vient ce nom d’oiseau pour une prouesse golfique? Parce qu’on a baptisé «birdie» ou oiselet, un trou réussi en un coup sous la normale. Mieux et plus gros que l’oiselet, on a choisi l’aigle pour deux coups sous la normale et finalement encore plus gros et plus rare, l’albatros pour trois sous la normale. Fin du cours d’ornithologie!

Pour réussir un albatros, le coup de départ doit être retentissant de précision et de longueur. Comme une normale 5 s’étend généralement sur une longue distance, près de 500 verges ou plus, le coup de départ doit être loin et dans l’allée. S’il s’égare dans l’herbe longue ou en forêt, oubliez le projet d’albatros. Avec la balle bien placée, vous devez ensuite évaluer le risque du deuxième coup. Jouer de prudence et vous «contenter» d’un aigle ou d’un oiselet ou risquer le tout pour le tout et y aller pour l’albatros. Dénivelé, fosses de sable, obstacles d’eau, herbe longue à gauche et à droite, autant de pièges sur la route vers l’albatros. Un mauvais élan, un crochet à gauche ou à droite, et voilà votre espoir d’albatros envolé. Vous pourriez ainsi avoir transformé un prometteur coup de départ en désastre. Vous choisissez minutieusement votre bâton après avoir analysé la location des obstacles, la force du vent et votre propre capacité de bien réussir le coup. Partenaires ou adversaires peuvent vous conseiller plus de prudence ou commenter votre choix de bâton, mais ils se taisent respectueusement et selon l’étiquette lorsque vous vous apprêtez à frapper la petite balle à alvéoles. Vous vous installez au‑dessus de votre balle et vous visualisez le coup. Vous bloquez les obstacles et pensées négatives de votre esprit et vous n’avez plus pour seul objectif que le vert percé d’un trou surmonté d’un fanion. Vous amorcez votre élan arrière, vous effectuez un transfert de poids parfait et vous fouettez la balle d’un solide coup de poignet; la balle prend son envol en ligne avec le drapeau; son destin final n’est alors plus de votre ressort. Vous avez tout fait pour réussir, mais vous demeurez à la merci d’un bond favorable ou capricieux, d’un vert trop ou pas assez rapide.

Même si Gary Player répète que «plus je m’entraîne, plus je suis chanceux», il faut admettre que la chance a un gros mot à dire dans le résultat d’un coup, aussi parfait ou bien préparé soit‑il. Votre balle touche le sol, prend un bond favorable à gauche, roule sur le vert et s’immobilise à quelques pouces du trou. Vous n’avez pas réussi l’albatros, mais on vous concède un aigle, une consolation des plus satisfaisantes.

Visualiser un albatros est une chose, le réussir en est une autre. Cependant, le considérer comme chose faite dès le coup de départ est certainement hasardeux. Bonne chance quand même à ceux et celles qui le risquent.

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