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Bagarreur inc.

Bagarreur inc., ou vivre dans le déni

Je dois vous avouer que je l’attendais. Mais alors là, je l’attendais «solide»,comme on dit. J’attendais depuis quelques semaines la diffusion du documentaire Bagarreur inc. pour enfin pouvoir déverser tout le fiel que je pense des bagarres au hockey. Pour pouvoir critiquer avec véhémence le père du jeune Danick Paquette à la lumière des bandes-annonces qui nous ont été présentées au cours des dernières semaines. Et puis quoi? Et puis…

Pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu, le documentaire Bagarreur inc. a été présenté en fin de semaine dernière sur Docu‑D. Pendant deux bonnes heures, la réalisatrice Sophie Lambert donne tour à tour la parole à divers intervenants du monde du hockey et du monde médical sur la question de la bagarre au hockey. On y traite de ses tenants et aboutissants, de la culture derrière le phénomène. En toile de fond, nous assistons aux efforts du joueur de hockey Danick Paquette pour atteindre son rêve de jouer dans la Ligue nationale de hockey (LNH). Sophie Lambert nous permet aussi une belle incursion au sein de la famille Bisson-Paquette, qui ne cesse de soutenir Danick dans la voie qu’il a choisie pour atteindre la grande ligue, celle de faire valoir ses poings plutôt que ses points. La réalisatrice donne aussi la parole à d’anciens durs à cuire comme André Roy et Georges Laraque, à un médecin spécialiste des dommages du cerveau et à des journalistes sportifs comme Mathias Brunet et Dany Dubé.

Force est d’admettre que Mme Lambert a admirablement bien réussi à donner les deux côtés de la médaille sans (trop) afficher son parti pris. J’aurais aimé voir les partisans des bagarres être confrontés aux observations et évidences brutales que la médecine apporte en défaveur de ces gestes tellement aux antipodes de la culture sportive, mais l’exercice en était un de neutralité, et il a été fort bien réussi. D’un côté, j’ai même été ému de tout l’appui qu’obtient Danick Paquette de la part de sa famille, même s’il est aberrant de voir comment cette volonté d’atteindre la LNH à tout prix a fait en sorte que le père a choisi la voie de garage pour que son fils Danick – ou lui‑même un peu beaucoup, comprend‑on – poursuive son rêve. Comment peut‑on reprocher au jeune homme de tracer la voie amorcée par son père alors que ce dernier lui assure que c’est une solution toute logique?

D’un autre côté, je ne suis même pas certain que les partisans des bagarres auraient entendu le message qui leur aurait été livré. Ils sont malheureusement habitués de vivre dans le déni, deux fois plutôt qu’une. Déni, tout d’abord, de l’inutilité des bagarres, qu’ils présentent comme une soupape antipression permettant d’éviter des coups disgracieux. Comment se fait‑il que les coups salops continuent de faire les manchettes malgré la présence de ce type de joueurs aux quatre coins de la LNH? Une application sévère des règlements en matière de coups vicieux (plus que des 2 minutes S.V.P.!) ferait peut‑être en sorte que les équipes auraient avantage à limiter les écarts de conduite si elles veulent avoir la chance de gagner des matchs. Et déni, ensuite, de l’aspect le plus important à mes yeux: l’intégrité physique et mentale des joueurs, que les coups de poing à la tête peuvent sévèrement affecter.

 

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