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Crédit photo Desjardins Ex-président du Mouvement Desjardins de 1987 à 2000, Claude Béland est décédé le 24 novembre dernier à l’âge de 87 ans.

Claude Béland: un grand Québécois qui a vraiment mis en pratique ce qu’il prêchait

(NDLR) – Résidant de Saint-Eustache depuis 20 ans et membre de l’Ordre du Mérite coopératif, 3e degré, Pierre de Montigny a été vice-président responsable des relations avec la communauté, sous la responsabilité directe de Claude Béland, durant les 10 dernières années de sa carrière de 40 ans, chez Desjardins. Comme il l’a bien connu, M. de Montigny a tenu à rendre hommage à M. Béland, décédé, on le sait, le 24 novembre dernier, à l’âge de 87 ans. Voici son texte:

«J’ai eu l’immense privilège et le grand honneur, dans ma carrière chez Desjardins, de travailler au quotidien directement sous la responsabilité de M. Béland. Ce leader social démocrate toujours soucieux et inquiet du sort de ses compatriotes plaidait sans cesse pour une révolution économique capable de changer la face du pays sans aucune prétention personnelle ou désirant y retirer quelques avantages personnels.

Les principes et valeurs consistants et organisés qu’il a savamment véhiculés selon les données connues de l’expérience humaine ont propulsé non seulement Desjardins, mais aussi le mouvement coopératif national et international, en plus de laisser une empreinte indélébile dans la société québécoise et canadienne.

Avocat spécialisé en droit commercial et en droit des coopératives, son intime conviction qu’un petit groupe de la population, avec un peu d’assistance de ses leaders naturels et la mise en marche de quelques mécanismes d’action collective appropriée, était en mesure d’assumer, par lui-même, la conduite de ses affaires incluant les domaines économique et financier dans un climat de liberté et d’égalité, s’est en partie réalisée.

L’insécurité et la misère environnante faisant toujours partie de notre quotidien, il s’appliquait à défendre l’emploi chez nous et des conditions de travail acceptables pour les gens ordinaires, pas seulement pour les hauts dirigeants. (Qualité Québec)

Rappelons-nous que durant sa présidence, entre 1987 et 2000, l’industrie et le commerce étant encore dominé par de grands joueurs contrôlant la plupart des circuits d’échanges, souvent de souches étrangères, il a su mettre en branle les mécanismes qui ont favorisé l’expansion de Desjardins, au Canada et mondialement. Pour la masse populaire, il se souciait quotidiennement d’un meilleur partage des richesses et des chances de succès dans la vie, peu importe le milieu de la provenance de l’individu.

Sa grande ambition était de domestiquer le capital, de s’en créer un à soi, individuellement et collectivement par la bonne habitude de l’épargne et de mettre celui-ci à l’œuvre dans la communauté, par un système souple de crédit productif et accessible à tous. Allumé dans son approche, il a été l’instigateur de l’implantation d’un réseau de guichets automatiques, d’un système de dépôt et de paiement direct et des services de transactions en ligne, pour positionner favorablement les caisses populaires et ainsi en peu de temps rattraper le retard sur les grandes banques.

Grand diplomate, il a su jouer un rôle rassembleur auprès des dirigeants de Desjardins, pour concentrer tous les influenceurs en une force unique vis-à-vis la concurrence omniprésente, sans perdre sa foi coopérative. Il a su convaincre le législateur du bien-fondé des diverses transformations envisagées, dont entre autres, le décloisonnement des services financiers, pour permettre aux caisses de devenir un guichet unique de services multiples. Un Desjardins canadien et international a ainsi vu le jour et accéléré sa croissance dans le respect du membre, premier et seul intervenant important à ses yeux, la modernité dans la continuation en droite ligne avec l’œuvre d’Alphonse Desjardins.

Décentraliser le capital des grands centres aux régions (Capital régional Desjardins), faciliter l’apprentissage des rudiments de l’économie à l’ensemble de la population pour qu’elle prenne confiance en elle-même, avec ses propres ressources et ainsi se prendre en main et façonner son destin afin de découvrir à son tour la force de l’association et de l’action méthodique. Le commun des mortels faisant partie intrinsèque de ses décisions, vigilant et disponible, il demeurait à l’écoute de ce qui se passait autour de lui, dans le vrai monde, pour ne rien laisser passer au hasard, sans agir.

Personnage public, son engagement social s’est fait grandement sentir dans de grands enjeux nationaux, entre autres, mentionnons le Forum pour l’emploi, la commission Bélanger-Campeau et le Sommet sur l’économie et l’emploi.

Contrairement à bien d’autres leaders connus et influents à la retraite, je me dois de souligner un fait remarquable: Claude Béland n’a jamais cessé son implication active dans la société après son passage chez Desjardins. De diverses façons au lieu de s’édulcorer, de se recroqueviller sur des idées sûres, la pensée de cet homme n’a cessé de prendre de l’ardeur, de l’ampleur et de la perspective au fur et à mesure qu’il prenait de l’âge, comme un bon vin.

Nous avons vu évoluer un être en pleine possession de ses moyens, curieux, logique, et efficient, mais aussi ouvert au monde entier et tourné avec détermination vers l’avenir. Cette citation de Confucius le décrit bien: «L’homme supérieur fait de l’équité et de la justice la base de toutes ses actions».

Sa pensée coopérative a refusé de considérer la vie humaine en silos, pour lui, l’économie n’était pas étrangère à la vie sociale, aux relations interpersonnelles, aux valeurs et aux critères moraux. Au contraire, en raison de son concours puissant au progrès matériel, intellectuel, culturel et social des peuples, l’organisation des activités économiques se doit d’être vivante, enthousiaste et créative en même temps, toutefois il ne faut pas hésiter à lui imposer des règles strictes de nature à l’assujettir aux principes essentiels de la justice sociale, de l’investissement responsable, du développement durable et de la pure charité.

Une action coopérative énergique, résolument axée sur les besoins réels des individus et de la collectivité et respectueuse de toutes les dimensions de la personne humaine, peu importe la situation dans laquelle elle se retrouve, ne pas juger mais essayer de comprendre les tenants et aboutissants.

Nous garderons de lui l’image d’un grand Québécois dont l’œuvre servira à ériger une véritable citadelle économique fondée sur l’immuable unité régionale si vivace parmi nous, lieu où notre jeunesse puisera la force de résistance et le concours nécessaires pour déployer ses énergies, multiplier ses actions, appuyer ses initiatives et assurer son existence pour sauvegarder tout ce qui nous est cher et distinct, et de là atteindre le domaine de notre légitime influence vers une autodétermination de plus en plus complète et capable de créer un pays à l’image de la vision de René Lévesque, Jacques Parizeau et Bernard Landry.

Bon voyage Claude Béland, nous vous souhaitons de récolter en bonheur éternel, tout le bien que vous avez semé sur votre passage ici-bas.»

Pierre de Montigny, Saint-Eustache

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