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Une saison dans la vie du PTDN: Guider sans diriger

Photo Michel Chartrand Le metteur en scène Sylvain Bélanger, en compagnie d’Olivier Gaudet-Savard (environnement sonore), Élizabeth Girard (costumes) et Martine Richard (assistante à la mise en scène).

Une saison dans la vie du PTDN: Guider sans diriger

(NDLR) — Nous poursuivons notre série d’articles sur la préparation (de l’idée de départ jusqu’à l’exercice public) d’une saison théâtrale au Petit Théâtre du Nord (PTDN).

Les concepteurs sont des spécialistes qui, grâce à leur formation, ont aussi une culture générale du théâtre qui leur permet de travailler en collégialité, un terme qui revient souvent dans la bouche de Sylvain Bélanger.

C’est un travail d’équipe qui nécessite un engagement personnel qui ne doit jamais faire défaut. «C’est une réunion de passionnés», résume le metteur en scène qui, dès lors, doit éviter de se poser en patron, mais davantage en maître d’œuvre.

Vrai, le metteur en scène arrive avec une certaine avance sur les autres. Il aura été le premier lecteur, il se sera fait une idée globale du spectacle à produire, aura même déterminé certaines orientations bien précises (ici, le décor bi-frontal), il n’en demeure pas moins qu’on ne fait pas appel à autant de spécialistes pour imposer bêtement ses idées. «Il faut profiter du collectif, laisser parler, ne pas être trop directif. En fait, il faut guider sans diriger, exprime Sylvain Bélanger. Il faut faire confiance aux autres et se faire confiance. Un metteur en scène insécure peut devenir castrant.»

Soulignons qu’une production théâtrale, avant les représentations, nécessite à peu près deux mois de préparation, immédiatement après la première lecture regroupant les comédiens et les membres de l’équipe. Tout juste avant, le metteur en scène aura mis une quarantaine d’heures à lire, comprendre, questionner et décoder le texte. Les comédiens, selon les règles de l’UDA, consacreront 110 heures aux répétitions, en plus d’une trentaine d’heures (parfois jusqu’à 40) en atelier de préparation.

Tout au long du processus, les concepteurs seront sur place pour répondre aux impératifs de la production, apporter des modifications au besoin, réparer, recoudre, brancher, débrancher, retoucher, si l’on ne dispose pas de techniciens en tout temps. Tout ce beau monde travaille sous l’œil attentif de la directrice de production (Emmanuelle Nappert) qui doit orchestrer toutes les opérations, fabriquer les horaires, tenir les cordons de la bourse, discuter de ce qui est faisable ou non et s’assurer que le technique et l’artistique puissent marcher main dans la main.

Enfin, le public!

Le metteur en scène, de son côté, aura dû veiller à ce que l’ensemble demeure artistiquement cohérent et, surtout, s’être assuré que cette troupe d’individus talentueux, passionnés et émotifs ne soit jamais éloignée de la vision initiale, ce qui nous ramène invariablement au texte.

«Dans ce cas, de dire Sylvain Bélanger, j’ai été marqué dès le départ par l’humanité des personnages. La mise en scène, la direction des acteurs, tout doit être fait en ce sens. Il faut y croire en tout temps, donc il aura fallu enlever tout ce qui se trouvait dans le chemin.»

Tous ses efforts convergent évidemment vers l’exercice public, le contact avec «l’élément manquant», une étape qui aura forcément une influence sur l’évolution du spectacle. Mais ça, ce sera pour la prochaine fois.

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