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Petit moment de détente, entre deux prises, sur le plateau de Rustic Oracle. On reconnaît les actrices Carmen Moore, McKenzie Deer Robinson et Lake Delisle. (Photo Claude Desjardins)

: Un Film Pour Aller Voir Au Delà Des Statistiques

Rustic Oracle: un film pour aller voir au-delà des statistiques

Meurtres et disparition de femmes autochtones

Le dossier de la disparition et de l’assassinat de nombreuses femmes autochtones, au Canada, fait ponctuellement les manchettes, alors qu’une enquête nationale a été lancée (des audiences ont eu lieu jusqu’en juin dernier) pour faire la lumière sur ce phénomène troublant. La cinéaste Sonia Bonspille Boileau en a fait le sujet de son deuxième long métrage intitulé Rustic Oracle.

Le dossier de la disparition et de l’assassinat de nombreuses femmes autochtones, au Canada, fait ponctuellement les manchettes, alors qu’une enquête nationale a été lancée (des audiences ont eu lieu jusqu’en juin dernier) pour faire la lumière sur ce phénomène troublant. La cinéaste Sonia Bonspille Boileau en a fait le sujet de son deuxième long métrage intitulé Rustic Oracle.

«Dès que j’ai commencé à faire du cinéma, je savais que je ferais un film là-dessus» , de dire la principale intéressée, lors d’une rencontre de presse tenue le mardi 14 août, à Kanesatake, où l’équipe de tournage venait de s’installer pour une période de six jours.

Elle-même issue de la communauté Mohawk de l’endroit, Sonia Bonspille Boileau connaît fort bien le sujet (la chose est connue du grand public depuis quelques années, mais les communautés autochtones la vivent de l’intérieur depuis bien plus longtemps) et avait envie d’aborder la chose sous un angle différent, plus près de l’humain.

À hauteur d’enfant

«Depuis les dernières années, on a beaucoup parlé de l’enquête, des enjeux et des problèmes sociaux, mais on a perdu notre sensibilité à l’égard des individus qui ont vécu ces drames. On a perdu de vue qu’à chaque disparition, il y avait une famille directement touchée» , exprime la cinéaste.

C’est donc à travers les yeux d’Ivy, une petite fille incarnée par la jeune Lake Delisle, que l’on pénètrera dans l’univers de Rustic Oracle. L’action se déroule à Kanesatake, vers la fin des années 1990, alors que la sœur d’Ivy, Heather (McKenzie Deer Robinson), vient d’être portée disparue. La petite tentera de comprendre par elle-même ce qui est arrivé, une quête qu’elle entreprendra avec sa mère, Susan, interprétée par Carmen Moore.

Comme le tout nous parvient à travers les yeux et la logique d’une enfant (très vive d’esprit, très curieuse, très sensible, avec un côté coquin, la décrit-on), il y aura forcément des éléments d’information qui manqueront au spectateur. «Ça amènera peut-être, en tout cas je le souhaite, une certaine frustration qui fera écho à celle des familles qui ont vécu cette situation-là pour vrai» , suggère Sonia Bonspille Boileau qui, au passage, ne tarit pas d’éloges pour sa jeune actrice. «Lake possède naturellement les caractéristiques du personnage et en plus, elle est très forte techniquement. C’est remarquable. On dirait qu’elle a fait ça toute sa vie» , dit-elle à propos de celle qui a tenu des rôles dans Blood Quantom, de Jeff Barnaby (2018) et Rea, de Devery Jacobs (2017). C’est la première fois qu’elle porte un film sur ses épaules, et selon la réalisatrice, elle le fait d’une façon magistrale (le 14 août, on en était au tiers de l’échéancier de tournage).

Un pont entre les peuples?

Chemin faisant, et malgré les circonstances difficiles, on assistera à un rapprochement entre la mère et la fille, nous dit le synopsis, ce qui nous a fait penser qu’il y aurait peut-être là un souhait métaphorique de rapprochement entre les peuples. «Ce serait tant mieux, mais ça serait une chose qu’on aurait mise là sans y penser!» de s’exclamer la cinéaste. «Cela dit, je souhaite que le public, autochtone ou non autochtone, puisse s’identifier aux personnages. Je veux que toutes les mères ressentent la même chose que Susan. Que toutes les familles soient sensibles au sort de ses enfants. C’est comme ça que le film pourrait servir de pont entre les peuples» , répond la cinéaste.

Celle-ci mène alors la barque à la tête d’une équipe qui fait la part belle à la compétence autochtone. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne la distribution, mais on s’est aussi assuré, du côté de Nish Media, société de production dirigée par Jason Brennan, qu’au moins un représentant de cette communauté se retrouve dans chacun des départements de la production. «Ça amène une énergie différente. Ça permet aussi à ceux qui travaillent sur le film de suggérer des nuances qui ne pourraient pas venir de la part d’une personne non autochtone» , observe Sonia Bonspille Boileau.

Sortie prévue en 2019

Cette équipe ne s’en veut pas moins inclusive et accueille bien sûr des non-autochtones. Kevin Parent est l’un d’eux, lui qui incarne un policier de la Sûreté du Québec qui mène l’enquête sur la disparition de Heather. «C’est un personnage qui fait de son mieux, mais qui porte certains préjugés. Il ne faut pas oublier que l’histoire se déroule peu de temps après la Crise d’Oka» , précise la réalisatrice qui, dès le départ, a pensé à Kevin Parent pour le rôle. «Il est très à l’écoute de ce qu’on veut livrer comme message. Il est très sensible et en plus, il veut faire partie de ceux et celles qui porteront ce message» , dit-elle.

Le film est entièrement tourné en anglais, mais une version française, intitulée Vivaces, est également prévue. Le tournage a débuté le 31 juillet et s’achèvera le 2 septembre. Le film devrait nous parvenir à l’automne 2019.

 

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