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Michel Rivard: les couleurs de l’enfance

(Photo Marie-Claude Meilleur, courtoisie) Michel Rivard emprunte la voie de la confidence dans «L’origine de mes espèces», spectacle qui sera présenté à la salle du Zénith, le dimanche 9 février.

(Photo Jean-Charles Labarre, courtoisie) Dans ce spectacle, Michel Rivard y va d’une «proposition théâtrale d’autofiction impressionniste».

Michel Rivard: les couleurs de l’enfance

L’origine de mes espèces

Les parents de Michel Rivard ne s’aimaient pas. On le sait depuis qu’il a choisi d’en parler lui-même, non pas en faisant la une de quelque magazine friand de ce genre d’histoire, mais par le biais d’une œuvre d’art qui se présente comme une «proposition théâtrale d’autofiction impressionniste» qu’il reprendra à la salle du Zénith, le dimanche 9 février.

Intitulé L’origine de mes espèces (la référence à Darwin s’arrête là), le spectacle est résolument tourné vers l’enfance et l’adolescence de Michel Rivard, arrivé sur cette planète par accident, né de l’attirance subite et fulgurante entre un jeune homme (le comédien Robert Rivard) et une jeune femme qui rêvait d’être artiste (Denise Déziel), au cœur d’une fête bien arrosée. Par convenance (nous sommes tout de même en 1951), chacun prendra les responsabilités qui lui incombent, l’honneur sera sauf et le petit Michel grandira dans un ersatz de famille nucléaire, où règnera ce non-amour dont il sera le témoin direct, sans nécessairement le comprendre, ni même le subir. Pas directement, en tout cas.

Des zones grises

Quoi qu’il en soit, cette partie de sa vie sera éminemment fondatrice, façonnant à la fois l’homme et l’artiste qu’il deviendra. La mélancolie qui teinte tout son corpus, reconnaît-il, ce goût qu’il a pour la musique en demi-teinte vient directement de là. C’est la couleur qui dominait dans son enfance, dit-il.

«Le sujet me préoccupait depuis des années et, après le décès de ma mère (c’était en 2014), j’ai senti que je pouvais me permettre d’aller puiser dans les questions qui me taraudaient à propos de mes origines, de mon enfance et de ma naissance. Il y avait des zones grises, des choses qui ne se disaient pas» , raconte Michel Rivard, qui souligne avoir tout de même hésité avant de s’y engager pleinement.

Il faut dire que l’artiste s’est toujours montré assez pudique par rapport à sa vie privée. Avant de concevoir ce qui serait sans doute l’objet le plus personnel qu’il ait jamais produit, il a dû se convaincre que le récit qu’il en ferait aurait valeur d’œuvre d’art et que la chose aurait potentiellement une portée universelle. Il a aussi plongé, dira-t-il, grâce aux encouragements du metteur en scène Claude Poissant, et aux conseils dramaturgiques de la femme de théâtre Alexia Bürger. «Je me suis rendu compte que je n’étais pas en train de faire quelque chose de sensationnaliste, mais de très intime et de très touchant» , dit-il, ce que lui ont confirmé les nombreux témoignages qu’il a reçus depuis que le spectacle a pris la route.

Des chansons au service de l’histoire

Sauf que cette fois (et tout part d’une impulsion), l’artiste avait envie de briser le moule, de faire les choses différemment en construisant un spectacle où la parole théâtrale dominerait, les chansons (il y en a 11) arrivant ponctuellement pour contribuer au récit. Ce spectacle, en fait, permettrait à Michel Rivard d’utiliser toutes les compétences de son arsenal artistique et de pousser plus loin l’écriture théâtrale, une graine qu’il avait tout de même semée dans le spectacle qui avait suivi la parution de l’album Roi de rien, alors que les interventions parlées avaient, de toute évidence, été soigneusement fignolées, rythmées et livrées dans une sorte de slam poétique. «Je crois que je suis en train de me trouver un style d’écriture» , constate Michel Rivard.

À l’inverse, cette fois, c’est le spectacle qui a fait naître les chansons qui, bien qu’elles pourraient avoir une existence autonome, lui sont intrinsèquement liées. Après une quête qui aura duré trois ans, l’auteur-compositeur-interprète et désormais dramaturge a regagné la scène sur laquelle il joue son propre rôle, y allant de révélations intimes dont le public se fait le confident. Il raconte cette naissance non désirée, ce père frivole, absent et alcoolique, cette mère triste et bienveillante, cette façade derrière laquelle il dissimulait son désarroi.

Sans parti pris

Vite, une évidence apparaît: dans ce genre d’histoire où le père a généralement le mauvais rôle, on devine que l’artiste éprouve la même tendresse pour l’un et l’autre. «Totalement, atteste Michel Rivard. Il n’y a strictement rien de manichéen dans mon approche. Je ne lance de pierre à personne, à part peut-être l’Église ou la société québécoise très restrictive des années 1950. Mes parents se sont vus entraînés dans un tourbillon. Mon arrivée a changé leur trajectoire, mais je n’ai jamais manqué d’amour. J’ai aimé ma mère et mon père et, malgré cette relation orageuse, je n’ai jamais pris parti, ni pour l’un ni pour l’autre.»

Sachez que cette histoire vous sera racontée dans un environnement scénographique épuré (une porte, un mur, une passerelle, quelques accessoires et trois guitares), le tout agrémenté d’éclairages et de projections à l’avenant. Le musicien Vincent Legault l’accompagne tout au long du spectacle.

Pour rejoindre la billetterie: [http://lezenithsteustache.ca].

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