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Les Mamies au fil du temps

Photo Claude Desjardins - Un moment saisi parmi Ces capsules du temps qui passe. Sur scène: Lise Landry, Jacqueline Gardner, Solange Lépine et Lise Lapointe.

Les Mamies au fil du temps

Théâtre au Jardin des Sources

Elles ont encore mordu dans la chose avec un plaisir palpable, les Mamies branchées du Jardin des Sources proposaient un spectacle intitulé Les capsules du temps qui passe, sorte de récit multi-autobiographique orchestré par Marie-Andrée Petelle, qui en signait à la fois les textes et la mise en scène.

C’est devenu un rendez-vous printanier, depuis quelques années, et c’est le jeudi 7 juin que la troupe se produisait dans la salle des loisirs de cette résidence thérésienne pour personnes âgées. Cette fois, à l’invitation de Mme Petelle, les Micheline Gagné, Charlotte Thériault, Lise Landry, Marthe Lalancette, Micheline Fauteux, Solange Lépine, Jacqueline Gardner et Lise Lapointe y livraient des tranches de leur propre vie, dans le cadre d’une émission de radio fictive qui les accueillait à l’occasion de la Semaine des aînés.

Un texte à saveur de manifeste

Chacune défendait alors un mot-fétiche (le rêve, les enfants, le théâtre, la vieillesse, le sport, la mémoire, l’eau, le travail) et porteur de sens, un mot prétexte à la confidence, mais aussi à la fantaisie puisque l’humour demeure un ingrédient privilégié dans les propositions des Mamies branchées, lesquelles occupent l’espace de jeu avec une énergie éminemment sympathique et contagieuse, malgré les trous de mémoire, les fous-rires et les décrochages, cultivant une ambiance bon-enfant qui n’occulte en rien la richesse du contenu proposé.

C’est que les textes de Marie-André Petelle ont toujours ce côté frondeur et revendicateur qu’il faut percevoir comme une valeur ajoutée à la pertinence et à l’importance de l’exercice, particulièrement quand on y aborde la réalité des personnes âgées. Cette pièce, comme celles qui ont été présentées auparavant au Jardin des Sources, est une sorte de manifeste, une adresse non équivoque à quiconque perçoit le fait de vieillir comme une faiblesse ou une tare, en même temps, dirions-nous, qu’une prise de conscience commune: nous avons le droit d’exister, de revendiquer, d’exiger, de dépenser notre argent, de nous amuser, d’être amoureux; nous ne sommes pas des pantins.

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La liberté de dire

L’autodérision s’y invite par ailleurs allègrement, on se moque de ses bobos («J’ai mal où? J’ai mal partout!» ) comme de tous les produits vendus en pharmacie pour accompagner le vieillissement, sans aucune censure (on y parle autant de collagène que de couches ou de Viagra), on s’offre la liberté de dire toute chose, on a même le droit de parler de sexe, ce qui n’est pas forcément naturel pour tout le monde, et surtout «on peut parler des injustices sans se fâcher» , comme le faisait très justement remarquer un spectateur, après le salut final, le théâtre étant un art qui, peut-être mieux que tous les autres, favorise justement cette prise de parole.

Profiter de la vie, déguster l’instant, cultiver le bonheur en soi-même, rêver, bouger, chanter, garder son âme d’enfant, s’ouvrir, faire confiance… tout en restant branché, lucide et libre? Tant qu’à vieillir!

 

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