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Le temps 9 interprété par la troupe Entracte

Photo Pierre Latour - Les premières apparitions des fidèles de la secte.

Le temps 9 interprété par la troupe Entracte

À la polyvalente Deux-Montagnes

Pendant trois soirs consécutifs, la troupe de théâtre de deuxième cycle de la polyvalente Deux-Montagnes (PDM), Entracte, a récemment présenté Le temps 9. Il s’agit d’une adaptation de la pièce Extasy Land.com de Jean-Frédéric Messier et mise en scène par Éric Borredon et Pierre-Antoine Pellerin.

Une œuvre théâtrale visiblement tourmentée prédisant la fin du monde pour 2012 et comment, une secte, promettant le paradis, étend ses fils. Les personnages parfois troublés, parfois excessifs, se croisent et s’entrecroisent comme dans la vie pour former la trame de fond de cette histoire pour le moins déroutante aux premiers abords. Si au début, on ne sait pas trop où tout ceci s’en va, tranquillement on voit le portrait se dessiner.

Abordant des sujets particulièrement sombres et débridés de la réflexion humaine, le tout était heureusement parfois traité avec humour. Certains personnages ou mises en scène allégeaient un peu l’histoire que ce soit dans certaines réactions loufoques ou mises en situation incongrues. Des moments et des clins d’œil amusants ont fait rire la salle remplie de parents et d’amis des élèves.

Une belle prestation pour la troupe Entracte de cette longue pièce, où les étudiants de 4e et 5e secondaire y ont performé avec régularité, rythme et énergie jusqu’à la fin. Éric Borredon confie en entrevue que la pièce a dû être adaptée puisqu’au départ, elle est beaucoup plus longue que la durée abrégée à deux heures. Certaines portions ont également dû être coupées à cause de passages sensibles qui ne convenaient pas à des étudiants du secondaire.

Les décors très urbains avec des néons, mettaient tout de suite le spectacle dans l’ambiance voulue, quelque chose d’un peu étrange et froid. La pièce se déroulait en différents tableaux et était soutenue par des portions musicales intéressantes qui annonçaient la teneur de la scène suivante. La mise en scène utilisant de nombreuses entrées et sorties dans la toile blanche du fond et un certain jeu d’espace et de lumières a contribué au dynamisme de la pièce.

Les personnages parfois très colorés ont apporté la chaleur à l’histoire. Notons particulièrement la performance de Camille Massé-Pfister dans une Capucine à l’accent français, charmante et convaincante ainsi qu’Émile Cartier interprétant un Bruno, particulièrement attachant pour son insécurité et son intensité. Camille Buisson-Gentilhomme était très intéressante dans son interprétation du Verbe, un narrateur s’adressant au public et commentant la création de la vie humaine par Dieu, «s’il existe», répétait-elle sans cesse. Pendant ses paroles, on pouvait d’ailleurs voir un Adam et une Ève personnifiés de manière caricaturale.

Une philosophie du bonheur excessif dans la peur d’une fin du monde en 2012, voilà ce qui peut résumer l’œuvre. «J’adore faire ça, commente le metteur en scène, on essaie de se renouveler tous les ans. Tout le monde est très impliqué, j’ai même des anciens élèves avec moi à la technique», termine Éric Borredon visiblement heureux de la performance de sa troupe.

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