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Le refuge de l’humain, c’est l’humain

Mariposa (acrylique sur toile), de Nelly Roy (série Refuge).

Nelly Roy et son tableau intitulé Vent de mer et vent de terre, issu de la série Art-Nations et inspiré de sa rencontre avec une famille venue des Philippines. L’artiste sera sur place, les 8 et 15 avril de 14 h à 16 h. (Photo Claude Desjardins)

Le refuge de l’humain, c’est l’humain

Nelly Roy

Un voyage au Yukon, l’attentat du 11 septembre 2001, le vent qui fait danser une chevelure, une jolie phrase attrapée au vol, tout ce qui meuble la vie et façonne les êtres, du frémissement le plus intime aux grands bouleversements de l’histoire humaine, un tout comme un rien peut se déposer sur la toile et participer à l’univers pictural de Nelly Roy.

Un voyage au Yukon, l’attentat du 11 septembre 2001, le vent qui fait danser une chevelure, une jolie phrase attrapée au vol, tout ce qui meuble la vie et façonne les êtres, du frémissement le plus intime aux grands bouleversements de l’histoire humaine, un tout comme un rien peut se déposer sur la toile et participer à l’univers pictural de Nelly Roy.

La Bibliothèque Guy-Bélisle, à Saint-Eustache, consacre d’ailleurs à sa concitoyenne une exposition qui réunit 25 de ses œuvres peintes à l’acrylique, lesquelles couvrent des périodes importantes de sa production initiée en 1990 et qui nous apparaissent dans une sorte d’évolution organique, différentes dans leurs thématiques, semblables dans cette manière qu’elle a de suggérer les êtres qui les habitent, avec ce regard tourné vers l’intérieur («Je m’inspire toujours de l’authenticité de l’être humain» , dit-elle), et les multiples objets-symboles qui les entourent.

De l’interdépendance des humains

«Chaque fois qu’il arrive un événement dans le monde et que ça m’atteint, tout de suite je me mets à faire des croquis. Quand je m’installe devant la toile, je commence d’abord par appliquer les couleurs, comme s’il s’agissait d’une abstraction» , explique l’artiste. Les multiples composantes de ses narrations picturales viendront après et participeront à une prise de parole, un discours social, une réflexion sur ce qui unit ou désunit les êtres humains, mais surtout sur ce qui peut les réconcilier. «L’humain est le seul refuge de l’humain. Il tire sa force de l’autre» , écrit-elle joliment.

Cette interdépendance apparaît d’ailleurs comme un leitmotiv, d’une période à l’autre, particulièrement dans les séries La chaîne humaine et Refuge, où sont esquissées des ribambelles d’humains, dans un univers qui abolit résolument les frontières. Plus récente, la série Refuge, tout en abordant la thématique des migrants, se présente davantage dans une forme épurée et annonce, nous confirme l’artiste, une incursion imminente au pays de la gravure (sans délaisser la peinture pour autant).

Aller vers l’autre

De son voyage au Yukon (2009) que nous évoquions au début de cet article, Nelly Roy a rapporté des impressions qui jetteraient les bases d’une nouvelle série appelée Art-Nations, dont on peut voir quatre tableaux de grand format, à la bibliothèque de Saint-Eustache.

«J’ai vu cette connexion naturelle entre les autochtones et les gens qui les visitent» , raconte Nelly Roy qui, intriguée par le phénomène, a eu envie d’explorer le thème de l’immigration et de la difficulté que nous avons à communiquer avec ces gens de provenances et de cultures diverses qui viennent s’installer chez nous.

Un projet est né (Art-Nations) en lien avec l’organisme d’accueil Le Coffret qui, en 2011, l’a mise en contact avec quatre familles d’immigrants originaires du Bhoutan, du Congo, du Chili et des Philippines. «Je voulais montrer la beauté de leur culture et créer des ponts avec les gens d’ici. Je voulais que les gens comprennent d’où ils partaient. Ils arrivent de loin, ils parlent une autre langue. Ils ont besoin qu’on aille vers eux» , insiste l’artiste.

Nous sommes tous pareils

«Le migrant c’est aussi la personne qui est enfermée en elle-même parce qu’elle est malade, parce qu’elle est pauvre, parce qu’elle est handicapée ou qu’elle a des problèmes de santé mentale» , poursuit Nelly Roy, qui suggère que les composantes épurées de ses derniers tableaux sont en concordance avec cette affirmation: «Il n’y a plus de nationalité, il n’y a plus de costume. Nous sommes tous pareils.»

Voilà donc où l’aura menée sa démarche, un chemin qu’il vous est donné de parcourir en visitant cette exposition qui, en plus des tableaux, comprend des photos et de nombreux textes explicatifs. «Je veux que les gens comprennent ce que je fais» , dit-elle encore, si bien qu’elle a accueilli deux groupes d’écoliers qui ont entendu la conférence qu’elle a aussi préparée dans le cadre du projet Art-Nations et qu’elle adapte à tous les publics possibles.

Les tableaux de Nelly Roy demeureront exposés jusqu’au 19 avril, à la Bibliothèque Guy-Bélisle, située au 12, chemin de la Grande-Côte, à Saint-Eustache.

 

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