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Le Noël québécois raconté par Marcel Tessier

Marcel Tessier a fait voyager les traditions du Québec, de Nouvelle-France jusqu’en Hollande, en passant par l’Alsace, dans la conférence qu’il a donnée plus tôt cette semaine à Saint-Eustache.

Le Noël québécois raconté par Marcel Tessier

De la Nouvelle-France à la Hollande

(NDLR) — À l’approche de Noël, vos hebdos L’ÉVEIL et LA CONCORDE vous proposent une série de reportages qui saura vous imprégner de la magie de cette grande fête qui émerveille, année après année, petits et grands

Alors que la période des Fêtes s’amorce, c’est avec l’humour et la passion qu’on lui connaît que l’historien Marcel Tessier a livré une conférence qui portait sur l’histoire des traditions du temps des Fêtes québécoises.

Devant une salle bondée de monde à la bibliothèque Guy-Bélisle, à Saint-Eustache, M. Tessier a expliqué les tenants et aboutissants de cette célébration si importante au Québec et en Amérique du Nord, des propos teintés de commentaires plus personnels.

D’emblée, M. Tessier rappelle que la tradition de Noël était bien différente d’aujourd’hui. «Nos traditions nous viennent de la Nouvelle-France, et nous ont été transmises par les colons qui provenaient de là-bas, dit-il. C’était une tradition très orientée vers le catholicisme, très religieuse.»

Il a rappelé l’emprise entière de l’Église sur plusieurs pans de la vie, à l’époque où lui-même était jeune garçon: «Les gens de mon temps faisaient des péchés tous les jours! C’était pire quand on avait 12-13 ans, à l’âge où on découvre notre corps, et nous avions tellement peur de l’enfer. On était condamnés à brûler, et le diable allait nous piquer là où nous avions péché!» La tirade de l’historien a fait rire l’assistance, majoritairement composée de gens qui avaient vécu les mêmes choses que lui. Il rappelle que c’est un homme, le pape Libère, qui a décidé de faire du 25 décembre la date de naissance du Christ.

Revenant sur les traditions québécoises, M. Tessier a rappelé que la fête de Noël était traditionnellement une fête uniquement spirituelle. «La naissance de Jésus, sauveur du monde!» rappelle-t-il. Au départ, le sapin et le père Noël n’en faisaient pas partie. La messe de minuit, par contre, était un événement important dont bien peu de personnes pouvaient se désister.

Marcel Tessier s’est souvenu des préparatifs gigantesques et de l’aspect grandiose de la cérémonie. «Le Minuit chrétiens était spectaculaire, et il se racontait toutes sortes de choses, que les animaux de la forêt se parlaient, que les montagnes s’ouvraient… Après ça, tout ce beau monde allait au réveillon, qui se passait strictement en famille, avec parents et enfants.» Le réveillon, c’était le soir de la réconciliation dans les familles.

Puis suivaient le jour de l’An (où la famille élargie se réunissait), la fête des Rois (inspirée des Romains); les festivités qui s’étendaient jusqu’au Mardi gras, suivi du mercredi des Cendres et d’une période de carême. «Le jour de l’An, il y avait toujours une place libre à la table, rappelle l’historien, pour accueillir le conteur, qui racontait ce qui se passait dans le rang, dans le village, dans la région.»

La tradition de l’arbre de Noël nous viendrait de l’Alsace, et aurait été implantée ici par Friedrich Adolf Von Riedese en 1781, un général allemand. Le sapin était alors orné de pommes. De l’aveu même de Marcel Tessier, le personnage principal de Noël, à l’époque, était le «petit Jésus». Le père Noël, inspiré du Santa Claus des Hollandais vivant aux États-Unis, n’est apparu que plus tard dans ses propres traditions.

Le Noël d’antan était-il mieux que celui d’aujourd’hui? «Je ne sais pas. On se dit « Ah! comme c’était beau », mais comme historien, ça ne nous regarde pas, tranche-t-il. Il faut vivre de son temps et l’accepter.»

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