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Le mouvement dans tous ses états

Un instant tiré de la percussive et urbaine chorégraphie Night Box.

Le mouvement dans tous ses états

Ballets Jazz de Montréal

La compagnie des Ballets Jazz de Montréal cumule quatre décennies de danse et d’innovation. Depuis leur fondation au début des années 1970, les BJM se sont produits dans plus de 65 pays et 800 villes, pour 2 000 spectacles devant une assistance totalisant plus de deux millions de spectateurs.

Le Théâtre Lionel-Groulx compte parmi les salles régulièrement visitées par la compagnie, et la troupe de renommée internationale était de passage chez Odyscène, le 26 octobre dernier. Trois pièces y étaient présentées, soit la douce et sensuelle Closer, la percussive et urbaine Night Box, puis la foisonnante, humaine et délicieusement rétro Harry.

Chorégraphie signée Benjamin Millepied et interprétée par Céline Cassone et Alexander Hille, Closer amorce le spectacle avec une tendre intensité. Le piano mélancolique de Philip Glass dans Mad Rush et la lumière éthérée qui souligne gracieusement les corps et l’harmonie de ces derniers composent un ensemble captivant dont on ne peut détacher le regard.

Malgré l’aura d’intimité émanant des moments partagés, le spectateur ne se fait pas voyeur, mais témoin d’instants privilégiés entre deux êtres portés par les ailes de l’amour. Les figures sont complexes, exécutées avec tant de douceur, de précision et de légèreté qu’une impression aérienne s’en dégage, alors que les danseurs oscillent entre douces étreintes et urgence passionnée.

Durant un long segment, Céline Cassone ne touche jamais le sol, portée, soutenue, emportée par son amant chorégraphique. Cela dit, les rares fois où leurs corps se quittent et qu’ils évoluent en parallèle, on ressent ce fil invisible qui les relie tout de même, ce besoin de proximité, dans une beauté presque douloureuse.

On change d’univers du tout au tout, alors que se fait entendre un rythme entêtant. Ainsi débute Night Box, de Wen Wei Wang, une foule compacte bougeant à l’unisson, suivant cette cadence percussive. Les danseurs incarnent la faune des boîtes de nuit, faisant non pas face au public, mais à la projection vidéo de l’effervescence d’une grande ville.

Leurs mouvements amples, rappelant d’étranges oiseaux, ils formeront différents tableaux, les uns en quête de romance, les autres à la recherche de sensations fortes dans la nuit urbaine. Des couples se font et se défont, dans des jeux de séduction élaborés, à une exception près où la tendresse l’emporte sur la conquête. Des mouvements angulaires et saccadés en côtoient d’autres fluides et acrobatiques, alors que la vie nocturne se déroule sous les yeux de curieux ou d’autres qui préfèrent les détourner, avant de regagner l’anonymat de la foule au petit matin.

Enfin, la compagnie propose en quelque sorte un voyage dans le temps, bien que le thème au cœur de Harry soit résolument intemporel et universel: les conflits de toute nature, qu’ils soient culturels, sociaux ou personnels, et la capacité de l’humain à les surmonter.

Dans cette chorégraphie éclectique de Barak Marshall, le personnage d’Harry représente donc l’homme, l’humain, aux prises avec des forces réelles, spirituelles et existentielles qui le mettent continuellement à l’épreuve. Vêtus de costumes rappelant la Seconde Guerre mondiale, les danseurs évoluent au rythme du jazz, mais aussi du folklore israélien, le théâtre s’en mêlant parfois aussi, l’histoire se répétant alors que Harry tente d’échapper à son destin.

Les tableaux sont colorés ou dramatiques, festifs ou touchants, mais toujours empreints d’un humour ironique, pour une pièce incroyablement divertissante, mais aussi génératrice de réflexion.

 

 

 

 

 

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