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Isabelle Larouche: Puis est arrivé Shipshaw...

Dans sa valise à souvenirs

Isabelle Larouche: Puis est arrivé Shipshaw…

(NDLR) — Après avoir présenté dans son édition du samedi 12 juillet dernier des suggestions de livres à lire cet été, votre hebdo L’ÉVEIL vous présentera, tout au long de la période estivale, des textes portant sur des auteurs d’ici. Ces reportages vous permettront de savoir ce qui les a, à un certain moment, incités à écrire, ce qu’ils font lors de leurs passe-temps et plus. Sur ce, bonne lecture!

Qu’ont en commun les immenses espaces du Grand Nord québécois et les petites rues du Vieux-Saint-Eustache? La réponse: Isabelle Larouche! C’est que celle‑ci a déjà habité dans un village inuit bordant la baie d’Ungava et réside aujourd’hui dans le Vieux-Saint-Eustache. Surtout, ces deux endroits l’ont inspirée, l’un pour son premier roman jeunesse et l’autre pour son plus récent.

Figure connue de la littérature jeunesse, Isabelle Larouche avoue avoir toujours rêvé d’être écrivaine. «L’écriture, c’était ma niche toute jeune. J’étais solitaire, par choix. J’avais beaucoup d’imagination. J’écrivais, à l’âge de 9‑10 ans, des nouvelles que je regroupais dans des mini-journaux et que je vendais 1 $ la copie aux proches de ma famille. Et j’ai commencé à écrire mon journal intime, ce que je fais encore aujourd’hui. Et c’est vraiment à l’âge de 12 ans que j’ai su ce que je voulais faire. Je rêvais de voir mon nom dans les bibliothèques», poursuit l’auteure originaire de Chicoutimi et qui a toujours baigné dans ce qu’elle appelle une «ruche artistique»: «Ma mère est une artiste peintre renommée et mon père, qui a longtemps travaillé à la radio de la Société Radio-Canada, est un amoureux de la musique. Il a aussi fait la collecte de chansons traditionnelles au Saguenay. Mais, dans mon for intérieur, je voulais tracer ma propre voie artistique…»

Ce rêve d’être publiée va cependant prendre un certain temps. Une fois ses études en adaptation scolaire complétées, elle va enseigner dans le Grand Nord québécois. C’est là qu’elle écrit, en 1992, La légende du corbeau, un ouvrage qui ne sera publié que… 10 ans plus tard: «J’avais plein, plein d’histoires. Mais j’avais peur de les faire lire à d’autres. Puis, je me suis liée d’amitié avec Julie Rémillard-Bélanger, une illustratrice, alors que j’enseignais à Kanesatake. Elle a lu ma légende et l’a aimée, à un tel point qu’elle l’a soumise à sa maison d’édition. Le livre, qu’elle a illustré, a été édité en 2002, j’ai eu droit à ma première séance de signatures qui a duré deux heures. J’en voulais plus.»

Puis, est arrivé Shipshaw! «C’était un chat abandonné que j’ai recueilli dans la rue et adopté. J’avais déjà un autre chat, Shawinigan. Les gens me demandaient de leur raconter son histoire et c’est de là qu’est venue l’idée d’intégrer Shipshaw et Shawinigan dans un roman. Et je voulais que celui‑ci s’adresse à mes élèves.» Le premier titre de la série Shawinigan et Shipshaw paraît en 2006 et connaît beaucoup de succès auprès des jeunes lecteurs. Il s’en est d’ailleurs vendu 10 000 copies à ce jour pour ce seul titre. Depuis, cinq autres tomes ont paru, le plus récent, Les chats‑crobates, cette année, et dont l’action se situe à… Sainte‑Moustache! «J’avais pensé à arrêter après huit titres, mais, comme un chat a neuf vies, il y en aura probablement un neuvième et dernier», de confier l’auteure.

Si l’écriture prend une place importante dans la vie d’Isabelle Larouche, qui a même cessé d’enseigner il y a trois ans pour «vivre bien humblement de sa plume», celle‑ci a aussi d’autres cordes à son arc. En effet, après avoir aidé, il y a une dizaine d’années, à l’organisation des soirées Contes et légendes présentées à la maison Chénier-Sauvé, elle en est aujourd’hui l’organisatrice avec André Morin. Isabelle se fait même conteuse à l’occasion. Devant les enfants, dans des activités d’heure du conte, mais aussi devant les plus grands, lors de soirées comme celles qui se déroulent maintenant à la Maison des citoyens. «Je raconte mes propres créations, mais aussi des contes inuits et traditionnels, que j’agrémente à l’occasion de chansons folkloriques. Ce qui est fascinant, c’est de passer au‑delà du processus d’édition, de raconter immédiatement son histoire. Et selon le public, l’histoire peut même changer. Et puis, j’apprends énormément au contact des autres…», s’enthousiasme Isabelle qui prononce également beaucoup de conférences à travers le Canada pour raconter aux jeunes sa propre histoire. Et elle n’oublie jamais d’apporter avec elle sa valise remplie de souvenirs, comme ces mini-journaux ou ce premier roman, Perdu en Laponie, qui l’a marquée à l’âge de 8 ans.

Aussi, Isabelle Larouche aime bien cuisiner et jardiner, elle qui, avec son conjoint, a son petit lopin dans le jardin communautaire de la rue Saint-Laurent, à Saint-Eustache. Les voyages et le plein air font aussi partie de son quotidien. Depuis peu, elle a un nouveau passe-temps: les amis. «J’ai beaucoup déménagé d’un endroit à l’autre, et je n’avais pas le temps d’avoir des amis. Là, c’est différent et nous faisons souvent de petites fêtes», dit‑elle.

Pour l’été, Isabelle Larouche, qui est à fignoler son prochain roman qui se déroulera notamment à Kanesatake, a aussi fait provision de livres à la librairie M’as‑tu lu. Elle a ainsi le projet de lire L’acquittement, de Gaétan Soucy, un roman dans lequel la frontière entre la réalité et le rêve bouge sans cesse, Le canard de bois, de Louis Caron, qui raconte un fragment de l’histoire des Patriotes, ou encore Le souffle de l’Harmattan, de Sylvain Trudel, un roman sur l’amitié, l’enfance et l’identité. Elle a aussi bien hâte de découvrir le prochain ouvrage de Serge Bouchard qui portera sur les grands chefs autochtones d’Amérique.

Surtout, les projets ne manquent pas pour l’Eustachoise d’adoption, elle qui souhaite maintenant écrire davantage sur les Autochtones avec lesquels, dit‑elle, il y a des ponts à faire, si petits soient‑ils. «Mon prochain roman sera le premier d’une série de onze portant sur autant de nations autochtones du Québec. J’ai beaucoup de notes, et j’irai à leur rencontre», dit‑elle.

Et, enfin, il y a ce fameux projet de voir des fées et des trolls arriver un jour dans le Vieux-Saint-Eustache par le biais de «portes magiques». «Ça fait trois ans que j’y travaille. Je ne sais pas quand, mais je sais que ça va arriver…», de soutenir Isabelle. Nul doute que Shipshaw et Shawinigan n’en seront que plus heureux!

Il est possible de suivre Isabelle Larouche sur son site Web, à l’adresse [www.isabellelarouche.com).

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