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Guillaume Wagner: Un humour trash

L’humoriste Guillaume Wagner dans un premier spectacle solo totalement assumé, qu’il livre avec une certaine brutalité.

Guillaume Wagner: Un humour trash

Le Centre d’art La petite église présentait, le 5 octobre dernier, le spectacle de Guillaume Wagner, un humoriste qui ne fait pas dans la dentelle et qui est visiblement apprécié pour son parler cru et ses thèmes traitant des travers de notre société.

Il s’agit d’un premier «one man show» pour Guillaume, dans lequel la contribution de Jean-François Mercier était visible. Il était d’ailleurs présent lors du spectacle. Ce qui caractérise cet humoriste, c’est son jeu et sa grande aisance sur scène qu’il livre dans une authenticité sans limites.

Son regard sans complaisance est complètement assumé, se moquant autant de personnages inspirés par la société, des gens de la salle que de lui-même. Ses imitations et ses mises en scène font passer la pilule de la provocation et de la vulgarité plus aisément.

Il semble que pour Guillaume Wagner, provoquer est un de ses objectifs. Cependant, il le fait avec des observations critiques et parfois contradictoires sur différents sujets comme le couple, la misogynie, les homosexuels, la grève étudiante, les enjeux collectifs ou l’individualité.

Si parfois il tente une ouverture vers une forme de sensibilité, il claque la porte tout de suite après avec des propos crus. Il avoue lui-même sur scène qu’il «exagère les faits», propos tenus à la suite d’une réaction forte des filles présentes au spectacle.

Pendant son spectacle, l’humoriste teste donc les limites de son public et ajoute souvent: «Je suis désagréable de même!» Il avance: «Un homme, c’est un petit gars avec un pyjama de Spiderman.» Il dénonce d’ailleurs plusieurs situations, que ce soit les opinions uniformisées, la superficialité ou l’impossibilité pour un homme d’éprouver ouvertement de l’amour pour un autre sans passer pour gay, ce qui n’est pas le cas chez les filles.

Autant de sujets parfois difficiles à aborder qui ne le freinent pas. Au contraire, plus cela est sensible, plus il le livre plus grand que nature. Ses mises en situation sont toutes issues d’une certaine réalité poussée à l’extrême pour les rendre provocantes afin de susciter une réaction, que ce soit le rire ou l’effarement, et ce, toujours avec une certaine réflexion.

En effet, malgré les paroles brutales, les textes sont bel et bien travaillés, réfléchis. Guillaume Wagner les renvoie avec rythme et un plaisir évident. Cela fait de lui un très bon raconteur, très énergique avec beaucoup de gestes comme pour inviter la salle à entrer dans sa folie sans aucun filtre.

Il s’agit d’un spectacle pour adultes avertis qui n’ont pas peur de se faire écorcher les oreilles par des moments irrévérencieux et le direct des propos de l’humoriste.

La première partie du spectacle est davantage rythmée que la deuxième, comme si l’humoriste avait gardé des sujets plus «sérieux» pour la seconde partie, pendant laquelle il aborde, par exemple, les comportements individualistes, la religion ou la société basées sur le mensonge.

La salle bondée pour son spectacle était majoritairement composée de jeunes adultes qui ont semblé particulièrement apprécier leur soirée. Ils ont d’ailleurs donné à l’humoriste une ovation debout dès la fin de sa dernière imitation de personnages masculins et féminins particulièrement superficiels et sans conversation.

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