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Guido, les femmes et la dépression

Théâtre musical

On s’est mis à plusieurs sur le cas de Guido Contini, le protagoniste de Neuf, une œuvre qui plonge dans l’univers cinématographique de Federico Fellini et qui remonte jusqu’à la scène, dans un spectacle de théâtre musical que vous livreront sous peu les finissants de l’École de Théâtre professionnel du Collège Lionel-Groulx.

On s’est mis à plusieurs sur le cas de Guido Contini, le protagoniste de Neuf, une œuvre qui plonge dans l’univers cinématographique de Federico Fellini et qui remonte jusqu’à la scène, dans un spectacle de théâtre musical que vous livreront sous peu les finissants de l’École de Théâtre professionnel du Collège Lionel-Groulx.

Guido Contini (Anselmi dans le film), c’est ce personnage qu’avait créé le grand réalisateur en 1963, dans cet opus intitulé 8 ½, lequel nous menait à la rencontre d’un cinéaste en panne d’inspiration qui se réfugie en lui-même, traqué par ses souvenirs et particulièrement celui des femmes (épouse, maîtresses et mère) qui ont gravité autour de celui qu’on décrit comme un être narcissique et phallocrate, en proie à la dépression.

La chose avait donné lieu à un spectacle musical produit à Broadway (1983), sous la plume d’Arthur Kopit et la musique composée par Maury Yeston, avant d’être reprise au Québec en 2007, dans une traduction d’Yves Morin. Enfin, le spectacle que vous verrez au Théâtre Lionel-Groulx est d’une autre mouture, puisqu’il s’agit d’une adaptation de Jean-François Poulin, qui en signe également la mise en scène.

Plus proche du film

En conférence de presse, ce dernier exprimait avoir voulu se rapprocher davantage du film de Fellini que de la comédie musicale qui en avait initialement découlé à Broadway. En fait, sa volonté était de créer une symbiose parfaite entre ces deux univers puisque l’on y chantera tout de même tout autant qu’on y dansera.

«J’ai eu un véritable coup de cœur pour le film à cause de son côté humain» , de dire le metteur en scène en parlant de ce personnage qui s’y prend mal dans sa manière d’aimer et de prendre soin des autres comme de lui-même.

Évidemment, il n’est pas question que de Guido et la pièce, qui se déroule dans les années 1960, permet aussi de se pencher sur la condition féminine propre à cette époque qui aura été un terreau fertile pour l’émancipation des femmes. «C’est un moment de l’histoire où les femmes ont commencé à prendre leur place et, tout au long du spectacle, on assiste aux différentes étapes qui y ont mené» , dira-t-il en substance. Il fallait faire bien attention, d’ajouter le metteur en scène, de souligner cette émancipation sans glorifier la vision que le personnage cultive à propos des femmes.

Celles qui nous parviennent à travers la vision fantasmée du personnage principal, d’ailleurs, sont pour le moins sexuées, nous dit-on, bien que cette sexualité nous apparaîtra davantage à travers la sensualité et l’élégance, des caractéristiques que l’on observera dans les costumes conçus par Julie-Pier Gagner. On y verra défiler, dit-elle, des personnages issus d’un milieu aisé, très à la mode, et c’est par le vêtement qu’on pourra observer les changements sociaux de l’époque et l’évolution des femmes.

Le rêve et la réalité

L’action se déroulera par ailleurs dans une multiplicité de lieux, ce qui aura mené Juliette Thiriet à créer un décor favorisant les changements rapides, mais créant néanmoins des univers empruntés à l’histoire de l’art, comme cette série de tableaux de Magritte intitulée L’empire des lumières, qui mêlent la nuit et le jour, le réel et l’irréel.

Cette dichotomie revient continuellement dans le discours des concepteurs, d’ailleurs, puisque l’action de la pièce oscille constamment d’un pôle à l’autre, à travers ce Guido que l’on suit dans l’espace et le temps, entre le passé et le présent, dans son environnement immédiat comme à l’intérieur de lui-même.

On le sentira dans les éclairages de Lorianne Foisy, qui proposera des atmosphères où la lumière sera parfois circonscrite ou diffuse, dramatique ou éclatée. Yannick Landry, à la conception sonore, interviendra évidemment là où il n’y aura pas de musique (les chansons seront plutôt soutenues par le piano de Vincent Réhel), lui qui proposera un échantillonnage de sons appuyant les différentes ambiances tout comme l’intériorité des personnages.

Les chorégraphes Josée Beauséjour et Marie-Josée Tremblay ont développé ce qu’elles ont appelé des «numéros sans paillettes» , des chorégraphies qui épousent par ailleurs les multiples mouvements de la pièce en demeurant collées à l’action, qui illustrent aussi, subtilement, toute la sensualité qui transpire du texte.

La maladie mentale

On y parle aussi de création et de panne d’inspiration, un aspect qui n’est pas seulement anecdotique et qui interpelle concrètement les créateurs engagés dans cette production. Marc-Antoine Gauthier, l’interprète de Guido, parle de son personnage comme d’un être qui vit un manque à l’intérieur de lui, quelque chose qui le suit depuis toujours et qui le rattrape. C’est la dépression, la maladie mentale, un état qu’on n’admettait pas plus dans les années 1960 qu’aujourd’hui, même si le discours a beaucoup changé en ce sens.

«Parfois, en répétition, on s’arrête. On a les larmes aux yeux. C’est très proche de nous» , ajoute Jean-François Poulin.

Neuf sera présenté au Théâtre Lionel-Groulx, du 17 au 22 mai. Information et billetterie: Cabaret BMO, 57, rue Turgeon à Sainte-Thérèse, 450 434-4006. Achat en ligne: [http://odyscene.com].

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