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Photo par Alexas Fotos de Pixabay

Victime d’agressions sexuelles: Revivre après avoir connu l’horreur

Victime d'agressions sexuelles à répétition pendant près de 35 ans, Nathalie (nom fictif) a toujours eu envie de mourir. Un sentiment qui, depuis qu'elle a brisé le silence et confronté son agresseur en cour, s'efface peu à peu pour laisser place à l'espoir.

Son calvaire a commencé alors qu’elle n’avait que 4 ou 5 ans et s’est poursuivi jusqu’à l’âge de 39 ans. Nathalie ne peut divulguer le lien l’unissant à cet individu, le tout étant frappé d’un interdit de publication, mais comme dans bien des cas d’agression, il s’agissait d’une personne de confiance.

«Tout le temps, mon agresseur me disait que c’était normal ce qui se passait, mais je ne me sentais pas bien dans cette réalité-là. Je me sentais emprisonnée, coupable», se souvient-elle.

Briser le silence

Nathalie a vécu avec ce fardeau pendant près de 35 ans, jusqu’en 2011, jusqu’à ce qu’une amie lui suggère de communiquer avec le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) L’Ancrage.

Elle a alors brisé le silence, puis les viols ont cessé. Mais son mal de vivre ne s’est pas dissipé pour autant. Insomnie, pleurs, cauchemars, palpitations, sueurs, état d’alerte, peur, eczéma, le diagnostic est tombé: trouble de stress post-traumatique avec anxiété généralisée et dépression.

Ce n’est qu’en mars 2018, encouragée par le mouvement #MeToo, que Nathalie s’est rendue au poste de police pour dénoncer son agresseur. La démarche judiciaire s’est étirée sur deux ans et a pris fin en septembre dernier. En cour, elle a tenu à témoigner à visage découvert.

«J’ai croisé son regard trois fois et les trois fois, il a baissé la tête et regardé le sol. J’étais fière de voir ça, que ce soit lui qui ressente la honte et la culpabilité. Ça m’a libérée. J’ai l’impression de voler depuis ce temps-là. Je me sens heureuse et je suis contente d’être vivante», affirme-t-elle.

Pour Nathalie, il s’agit d’une grande victoire, et ce, même si l’individu n’a pas été déclaré coupable. De par la nature même des gestes reprochés, qui se déroulent le plus souvent en secret, il est difficile d’obtenir un verdict de culpabilité dans les cas d’agressions sexuelles. Le CALACS et le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC), tout autant que le procureur au dossier, l’avaient prévenue à cet égard.

Demander de l’aide

Le témoignage de Nathalie arrive à point, alors que se clôturait le 6 décembre la campagne nationale des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes. Celle-ci encourage d’ailleurs les victimes d’agressions sexuelles à consulter et à aller chercher de l’aide auprès du CALACS et du CAVAC, notamment. «Il y a des listes d’attente, mais il ne faut pas désespérer, car c’est le plus beau cadeau qu’on peut se faire», fait-elle valoir.

Une ligne téléphonique d’aide et d’écoute est aussi accessible 24 heures sur 24, sept jours sur sept: 1 888 933-9007.

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