- PUBLICITÉ -
SLAM reçoit Leocadio Juracan

Le coordonnateur du Comité paysan des hauts-plateaux du Guatemala, Leocadio Juracan, et Monique Lapierre, de SLAM.

SLAM reçoit Leocadio Juracan

Lutter pour la terre

En terminant sa tournée canadienne, Leocadio Juracan, coordonnateur du Comité paysan des hauts-plateaux (CCDA) du Guatemala, est venu parler, aux membres de Solidarité Laurentides Amérique centrale (SLAM), à Saint-Jérôme, de la marche paysanne qui a eu lieu à la mi-mars et le durcissement du pouvoir dans son pays.

Il a été accueilli dans les locaux d’ICI par les arts, en juin dernier, lors d’un point de presse.

Le Guatemala est composé en grande majorité de Mayas, population souvent paysanne qui n’a pas accès à la terre et qui a été ciblée par des massacres organisés pendant plusieurs années, dont plusieurs attribuables à l’armée.

Le pire moment a été durant les années 1980, alors que l’on brûlait les villages (640, selon Leocadio) et que l’on éliminait systématiquement les Mayas.

Des accords de paix ont été signés, en 1996, lesquels ont apporté beaucoup d’espoir, mais peu de résultats. Les paysans n’ont toujours pas accès à la terre, concentrée dans les mains de 2 % de la population, le gouvernement est sous l’égide des grandes familles économiques du pays, malgré la structure démocratique, et aujourd’hui, de plus en plus de postes au pouvoir sont occupés par des militaires. Le Guatemala est considéré comme le 2e pays le plus inégalitaire, après le Brésil.

Le Comité paysan des hauts-plateaux (CCDA) est né dans la tempête, en 1982, avec deux missions. La première se veut une aide de proximité par l’amélioration de l’éducation et la protection de l’eau et de la terre pour les paysans. La deuxième, plus large, se préoccupe de la justice sociale afin de transformer la structure du Guatemala et améliorer l’accès à la terre.

Pour ses convictions et ses actions, le coordonnateur du CCDA, Leocadio Juracan, a été l’objet d’un attentat, sa voiture ayant été criblée de balles, en 2009. Il a aussi reçu des menaces de mort, en 2010, ce qui l’a amené à s’exiler pendant trois mois au Canada.

«Je ne suis pas surpris du retour à la dictature», s’exprime-t-il lorsqu’il raconte les expulsions et la remilitarisation de certaines régions dans son pays. «Le gouvernement lutte contre un ennemi interne, comme à l’époque de la guérilla. Le mouvement social et paysan est l’ennemi», ajoute-t-il. Il se dit d’ailleurs préoccupé par cette situation.

Le Guatemala est un pays riche de ses terres et ses sous-sols, mais la population est pauvre et appauvrie par la concentration des richesses et la privatisation de presque tous les secteurs économiques du pays.

Le 19 mars dernier, le CCDA organisait une marche indigène sur 9 jours et 24 kilomètres, pour se rendre à la capitale et dénoncer la politique d’expulsion de paysans. Mille cinq cents personnes se sont mobilisées au départ et 15 000 étaient rassemblées à la fin.

Cette marche a fait réagir le président, lui qui ne reconnaissait pas le mouvement et qui est venu prononcer un discours. Les leaders paysans ont pu présenter leurs revendications. Le résultat de cette marche a été l’augmentation de la présence du mouvement social sur la place publique, malgré la peur de la répression.

«Grâce à SLAM et d’autres organismes, on peut travailler à une stratégie de souveraineté alimentaire, aux activités génératrices de revenus et d’emplois et proposer des solutions alternatives au gouvernement», a terminé Leocadio Juracan.

SourceURL:file://localhost/Volumes/Text/A)-TEXTES%20JOURNALISTES/%20TEXTES%20NOI%20et%20VMI/06%20juin%202012/23%20et%2027%20juin/2CGprojets%20SLAM%20-C.doc

SLAM et la souveraineté alimentaire

Solidarité Laurentides Amérique centrale (SLAM), organisme de coopération internationale situé à Saint-Jérôme, s’est allié avec le Comité paysan des hauts-plateaux (CCDA) du Guatemala pour instaurer un projet de développement agroalimentaire et économique.

Le CCDA, dont le coordonnateur Leocadio Juracan a été accueilli par SLAM dernièrement, est impliqué dans plus de 65 municipalités du Guatemala, soit environ 719 communautés dont la majorité est indigène.

La mission de SLAM est de développer la solidarité entre les populations du Nord et du Sud et c’est par le biais de projet tel celui du Développement agroalimentaire et économique de 11 communautés indigènes paysannes du Guatemala qu’elle se réalise.

Ce projet, prévu pour septembre 2012 jusqu’en 2014, touchera 1 047 familles, soit 6 582 personnes dans 11 communautés mayas différentes, a quatre objectifs: «L’amélioration de la santé et le recul de la pauvreté, le ralentissement de l’exode rural chez les jeunes, le rehaussement des capacités techniques et organisationnelles des paysans et des leaders et le développement des capacités de gestion d’entreprises durables et créatrices d’emplois permanents», énumère Monique Lapierre, de SLAM.

Le projet prévoit la mise en place d’activités agricoles pour l’autoconsommation par la distribution de semences de légumineuses, de courges, de soya et autres, la construction d’étangs pour la pisciculture ou la formation de promoteurs agricoles.

Des activités ayant pour but de stimuler la vente et l’exportation de café, de miel et de noix seront aussi mises de l’avant, de même que la mise en place d’une coopérative d’embouteillage d’eau et d’habitation. On vise également le renforcement des capacités des paysans par la formation de dirigeants communautaires, par exemple.

Ce projet s’arrimera aux stages que SLAM offre chaque année. Des activités d’éducation et le développement de liens avec des groupes sociaux d’ici, tels que les cuisines collectives, auront lieu, sous le thème Un cri pour la terre mère. «On a des enseignements à prendre de nos partenaires du Sud», s’est exprimé Marcel Gosselin, de SLAM.

Le dossier des compagnies minières canadiennes en est aussi un qui préoccupe SLAM qui a fait des actions en ce sens par le biais de son comité d’appui aux luttes. L’organisme supporte également le commerce équitable par la création de groupes d’achat dans les Laurentides et la promotion des produits de Café Justicia, qui cherche à obtenir ses certifications pour le Québec.

- PUBLICITÉ -

La dernière édition

- PUBLICITÉ -
Top