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Retour sur Haïti avec Caroline

(Photo Michel Chartrand) - La journaliste conférencière Caroline d’Astous.

Retour sur Haïti avec Caroline

Découvrir ses propres limites

Notre collègue Caroline d’Astous est un drôle d’oiseau migrateur. Un hiver elle s’envole pour le Pérou, puis les deux suivants vers l’Afrique et, en janvier dernier, ce fut Haïti et une expérience de terrain qui tremble.

Elle était invitée par la division Laurentides de la Fédération Professionnelle des Journalistes du Québec à venir partager cette expérience unique de collaboration journalistique en pleine crise humanitaire, mercredi dernier, devant quelques collègues et auditeurs du grand public réunis à la Maison Lachaîne.

On a ouvert la rencontre avec la lecture de son texte à propos du sourire des enfants d’Haïti et la conférencière a dû ravaler une émotion envahissante, avant d’aborder les limites auxquelles le journalisme de terrain peut nous confronter.
«Les gens disaient que c’était un camion, mais j’ai choisi de faire sortir les enfants», se remémorait Caroline à propos de cette secousse qui résonnait à 16 h 53, le 12 janvier, dans l’école où elle avait choisi de s’impliquer.

Une heure après cette première secousse, la nuit recouvrait l’île alors que tous cherchaient désespérément à se renseigner.
«On savait qu’il y avait quelque chose, mais on ne savait pas quoi», nous raconte la journaliste qui passera la nuit sur Internet à glaner des infos alors que «des gens criaient, les animaux étaient nerveux et la mer très agitée». Au terme d’une nuit fébrile, précisément à 18 h 30, un courriel du journal Le Devoir entre sur son portable: «Êtes-vous en vie?». Au cours de la nuit, ce sera Radio-Canada, puis dès le lendemain LCN qui lui demanderont des collaborations.

Elle se trouve à Montrouis, à une heure de la capitale éprouvée, et il faut donc à Caroline un transport et aussi ce qu’on appelle un «fixer», c’est-à-dire quelqu’un qui parle créole. «Je préfère que les témoins parlent dans leur langue, surtout dans une situation aussi émotive», d’expliquer la voyageuse qui part dès le lendemain pour constater l’horreur à Port-au-Prince.
«Les gens étaient très calmes, il n’y avait aucune agressivité», souligne la sociologue de formation qui remarque que, dès les premiers jours, les gens reviennent sur Port-au-Prince pour retrouver leur famille à travers les cadavres qui gisent langés de blanc. «La semaine suivante, les gens fuyaient et c’était plus agressif», relate la journaliste qui passera finalement tout le mois à couvrir l’évènement, ce que vous avez d’ailleurs suivi dans nos pages.
À force de recherches et de tournées en motocyclette avec son traducteur, Caroline réussira à trouver le quartier général de la Croix-Rouge que l’on dissimule à la population, pour éviter l’envahissement comme le pillage.

Son retour se fera finalement le 28 février, à bord d’un avion-cargo militaire, dans une atmosphère de recueillement que même les enfants respecteront. Caroline prévoit un retour dès cet automne; les modalités restent à définir.

Au chapitre des conseils pratiques, nous avons retenu que même en voyage, la carte de presse demeure importante, alors ne partez pas sans elle; également que le logiciel Skype est performant partout et qu’il est préférable d’avoir deux boîtes courriel et autant de lignes Internet. Une enregistreuse et des écouteurs devraient compléter votre attirail électronique.

Quoique, il semble que ce soit sur le terrain qu’on découvre l’essentiel: ses propres limites.

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