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Gilbert vachon, en compagnie de sa mère Gilberte Lemieux Vachon.

Rapport du coroner amendé: le fils d’une défunte a finalement gain de cause

Gilberte Lemieux-Vachon est décédée le 1er avril 2011 à l’Hôpital de Saint-Eustache après avoir passé les derniers mois de sa vie au CHSLD de Saint-Eustache. Sur l’acte de décès, il était inscrit qu’elle était partie d’une mort naturelle. Après un combat de dix ans, mené par le fils de la défunte, Gilbert Vachon, le rapport du coroner a été amendé, le 10 mai dernier, pour préciser qu’il s’agissait plutôt «d’une mort de complication de soins infirmiers et médicaux».

Cela faisait dix ans que Gilbert Vachon multipliait les démarches afin de faire reconnaître par les autorités officielles concernées que sa mère n’était pas décédée naturellement. Durant cette période, il a même eu le temps d’écrire un livre, Vous étiez là pour moi, pour raconter son histoire.

«Dès 2012, j’avais dit à la coroner que ces deux mots-là, mort naturelle, n’avaient aucun sens ! Je ne voulais pas être impoli, mais je lui ai dit qu’il était impossible qu’elle ait lu le rapport médical au complet!»

Jusqu’à l’âge de 81 ans, Gilberte Lemieux Vachon habitait seule dans son appartement de Saint-Eustache et vivait une vie normale, conduisant notamment son véhicule pour aller voir ses amies et aller au casino. Victime d’un accident vasculaire cérébrale à cette époque, elle a toutefois dû revoir ses habitudes de vie.

«Un moment donné, raconte Gilbert Vachon, elle a fait une vilaine chute et ça a pris près d’une heure et demie avant qu’elle ne soit retrouvée. C’est à ce moment que nous, la famille, avons décidé de lui trouver une place

Étant donné que, plus jeune, Mme Lemieux Vachon avait déjà fait du bénévolat au CHSLD de Saint-Eustache, c’est à cet endroit qu’elle souhaitait se retrouver pour terminer sa vie. Elle y est donc admise le 10 mars 2010.

Imputabilité pour les soins

Lors des premiers mois passés au CHSLD de Saint-Eustache, tout semble bien aller, selon Gilbert Vachon, qui apprécie alors les soins reçus par sa mère. Un matin toutefois, cette dernière se plaint d’un mal au bas du dos qui lui fait l’effet d’une brûlure.

«L’infirmière nous a dit qu’elle lui donnerait un médicament pour la soulager. Je ne connais pas ça. Je fais confiance. Mais aucune demande au médecin n’est alors placée. Il me semble que je l’aurais mis au courant», ajoute M. Vachon qui est vite redescendu de son «nuage rose» comme il l’appelle.

Quelques semaines plus tard, il réalise en effet que les soins prodigués à sa mère ne sont pas adéquats. Elle a notamment une plaie de lit de deux pouces de diamètre par deux pouces de profondeur dans le dos. Elle est obligée d’uriner dans une couche. Constipée, elle passe jusqu’à huit jours sans aller à la selle.

Au début de mars 2011, la famille Vachon exige que Mme Lemieux Vachon voit un médecin qui se présente enfin le 16 mars 2011.

«Quand il l’a vue, il a été estomaqué. Il a dit: cette femme-là est surinfectée. Elle dégage des odeurs nauséabondes. Elle fait de la fièvre. Je la sors immédiatement d’ici! Il a ajouté que personne ne l’avait tenu au courant de cette condition, jusqu’au 16 mars».

Il était trop tard, le 1er avril, Gilberte Lemieux Vachon est décédée à la suite de complications de soins infirmiers et médicaux.

«J’espère avant tout que ce changement convaincra la justice d’entreprendre, enfin, des démarches de nature criminelle. J’invite également les firmes d’avocats intéressés à me contacter afin de prendre des recours civils», a conclu Gilbert Vachon.

La réaction du CISSS

Au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides, on a indiqué «être attristés pour la famille qui a été accablée par le deuil de leur proche dans des circonstances difficiles».

«Nous avons à cœur la santé de nos résidents et souhaitons prendre tous les moyens pour offrir des soins de qualité. À la réception du rapport du coroner en 2011, le CSSS du Lac-des-Deux-Montagnes a mis en place l’ensemble des recommandations exigées par le coroner», nous a répondu une porte-parole de l’organisation.

Les soins offerts en CHSLD profitent aujourd’hui de mécanismes de suivis plus rigoureux et de systèmes fluides de communication des interventions, qui permettent d’assurer la sécurité des usagers qui y sont hébergés, assure-t-on.

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