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COVID-19, mise à jour 29 mai 2020, Québec, Laurentides

On craint une hausse des suicides chez les travailleurs de la santé

Effet néfaste de la pandémie

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) dénonce vivement les fermetures des listes d’attente pour les services en santé mentale, en dépendance ainsi que pour les services psychosociaux généraux pour les adultes dans la région des Laurentides.

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) dénonce vivement les fermetures des listes d’attente pour les services en santé mentale, en dépendance ainsi que pour les services psychosociaux généraux pour les adultes dans la région des Laurentides.

Selon les dires de l’APTS, le CISSS aurait donné la directive au personnel de ces services de fermer, en date du 10 avril, les dossiers d’usagers ayant des besoins importants en matière de soutien psychosocial. En fonction de cette directive, soutient l’APTS, seules les personnes en attente de services liés à la COVID-19, présentant un risque de suicide ou représentant un risque pour elles-mêmes ou pour autrui seront suivies par les intervenants du CISSS.

Le CISSS des Laurentides a depuis réfuté ces allégations. Il affirme  ne pas avoir fait circuler cette directive interne demandant d’appeler les personnes en attente de service pour leur dire que leur cas ne pouvait pas être pris en charge.

Quoi qu’il en soit, Marie-Ève Meilleur de l’APTS, syndicat qui représente 3800 travailleurs de la santé dans les Laurentides, affirme que le nombre de cas à gérer en dépendance et en santé mentale «vont augmenter en flèche» à la fin de la pandémie et que «assurément, le nombre de suicides pourrait être catastrophique chez les travailleurs de la santé».

Des inquiétudes pour «les années à venir»

Amélie Gauthier, directrice générale du Centre de prévention du suicide le Faubourg, un organisme communautaire qui a pour mission de prévenir le suicide et ses impacts dans la région depuis 1993, affirme ne pas avoir remarqué d’augmentation du nombre d’appels sur la ligne d’intervention de crise depuis le début de la pandémie. Toutefois, une fois cet épisode derrière nous, elle a bien peur de ne pouvoir suffire à la demande.

«En ce moment, dit-elle, il n’y a pas de hausse sur nos lignes. Même que les deux premières semaines, il y a eu une importante diminution. Nous sommes toutefois revenus à la normale, c’est-à-dire que nous recevons de 15 à 20 appels par jour.»

Bien qu’aucun de ces appels ne provienne de travailleurs de la santé, les cris du cœur lancés sur la ligne d’intervention provenant plutôt «de gens impuissants», à la recherche de services, mais qui se butent à des portes d’organismes fermés, c’est l’après-pandémie qui inquiète le Faubourg.

«C’est ce que montre les statistiques, soutient Amélie Gauthier. En temps de guerre, en temps de pandémie, les gens sont en survie. C’est le ‘après’, quand la vie reprend tranquillement, que le stress et l’adrénaline tombent, là je réagis ! Et c’est à ce moment que la détresse commence. Notre inquiétude, ce sont donc les années à venir ! C’est là qu’il y aura énormément de détresse et de suicides.»

Juin, juillet, août et septembre pourraient être des mois de «grande détresse» selon la directrice du Faubourg.

Les gens qui perdront leur emploi en raison de la pandémie, qui tomberont en maladie parce qu’ils auront dépassé leurs limites et les propriétaires d’entreprises qui feront faillite sont aussi au nombre de ceux et celles que le Faubourg surveillera de près.

«Tout ça fera en sorte que la société sera très fragile. C’est ça qui nous inquiète».

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